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Karima Afif : Université Laval
Plusieurs initiatives visant la réduction des pertes et gaspillage alimentaires (PGA) ont été mises en œuvre par des organisations opérant à divers niveaux de la chaîne bioalimentaire au Québec. Ce projet de recherche vise à évaluer les barrières et les facilitateurs du déploiement de ces initiatives, d’explorer leurs impacts sectoriels et d’identifier les initiatives les plus prometteuses. Pour répondre à ces objectifs, une méthodologie de recherche mixte a été adoptée incluant une approche quantitative basée sur un sondage par questionnaire et une approche qualitative basée sur la conduite de groupes de discussion avec les parties prenantes clés de la chaîne bioalimentaire. Les résultats du questionnaire en ligne ont été triangulés avec ceux des groupes de discussion dans le but d’approfondir l’analyse des résultats. Les initiatives visant la réduction des PGA les plus rapportées par les répondants incluent l’activité de glanage, qui consiste en la cueillette et le partage des surplus; la récupération de denrées issues de divers donateurs à des fins de redistribution auprès de bénéficiaires vulnérables; l’écoulement et/ou la transformation des surplus, retours ou invendus de l’organisation à des fins de distribution ou de revente auprès de la communauté.
La consommation est au cœur de notre quotidien et occupe toutes les sphères de la société, du supermarché à la santé (IRIS, 2014). Il s’agit d’un fait social total, mais qui est aujourd’hui largement critiqué pour les inégalités sociales et les conséquences environnementales qu’il engendre. En effet, 10 % des ménages québécois sont considérés comme étant à faibles revenus (Institut de la statistique du Québec, 2021). De plus, la pandémie de COVID‑19 a entraîné une forte inflation qui touche davantage les produits de base (Cavallo et Kryvtsov, 2024). L’augmentation des prix de logement et de l’alimentation semblent être les principaux facteurs qui renforcent l’exclusion économique des populations vulnérables, les poussant ainsi à consommer des produits de moindre qualité (Bordeleau, 2024).
Du côté environnemental, le portrait n’est pas plus reluisant. Les modes de vie occidentaux basés sur la consommation de masse sont au fondement du dépassement des limites planétaires (Steffen et al., 2015). Par exemple, les changements climatiques sont fortement causés par les émissions de GES du transport (43 % des émissions du Québec), dont une part significative est due aux automobiles individuelles (32 % des GES du Québec). Un autre exemple de limite planétaire est la crise de la biodiversité ou la 6e extinction de masse (IPBES, 2019). La destruction des habitats naturels par l’urbanisation et l’agriculture est en cause, mais derrière ce sont nos modes de vies qui amènent à consommer toujours plus de ressources (Martins et al., 2020).
Ces constats ne concernent pas que le Québec et sont le lot des sociétés occidentales (IPCC, 2023). Ainsi, il est plus que nécessaire de promouvoir des approches critiques en sciences de la consommation (Hansen et Bo Nielsen, 2023; Berlan et al., 2022). Par ce thème, nous voulons non seulement souligner les limites des pratiques de consommation actuelles, mais nous souhaitons aussi ouvrir de nouvelles perspectives qui promeuvent un niveau de bien-être acceptable et soutenable (Fuchs, 2021). Sous cet angle, un accent particulier est porté sur les modalités d’autonomisation des consommateurs pour améliorer leur appropriation des logiques de consommation. Cela implique de considérer, implicitement, le fait que consommer pourrait être « positif », dans la mesure où cela contribue non seulement à l’économie, mais également au bonheur et à la qualité de vie des consommateurs (Miller et Stovall, 2019).
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