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Exploration de la prédominance transmasculine à l’adolescence : le rôle des politiques LGBT aux États-Unis et en Europe

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Claire Vandendriessche : Trajectoires Jeunes Trans

Résumé de la communication

Les enquêtes sur les jeunes trans révèlent une prédominance d’individus assignés fille à la naissance (i.e. personnes transmasculines) par rapport aux individus assignés garçon à la naissance (i.e. personnes transféminines), un phénomène encore inexpliqué. Cette étude examine si cette prédominance transmasculine à l’adolescence peut être liée à des facteurs macro-sociaux, tels que les politiques LGBT, en analysant des données des États-Unis et de l’Europe. Nous avons utilisé l’enquête U.S. Transgender Survey de 2015 (N = 27 715 individus trans), l’enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) de 2019 (N = 118 945 individus LGB cis et 18 608 individus trans). Les scores des politiques ont été obtenus auprès du Movement Advancement Project (États-Unis) et de l’ILGA-Europe Rainbow Index (Europe). Nos résultats révèlent une prédominance constante des adolescents transmasculins, avec un partage d’identité plus tardif pour les jeunes transféminins dans l’ensemble des 50 États américains (2015) et des 30 pays européens (en 2019). Bien que les différences d’âge de déclaration d’identité ne soient pas corrélées aux politiques de genre aux États-Unis, elles le sont significativement avec les politiques LGBT en Europe. La prédominance des adolescents transmasculins est étroitement liée aux plus grandes difficultés rencontrées par les adolescentes transféminines pour partager leur identité.

Résumé du colloque

Ces dernières années, un discours critique a émergé sur le genre et les transitions de genre, en particulier pour les jeunes trans et non binaires (TNB). Alimentant une panique morale, plusieurs articles et reportages suggèrent que les jeunes TNB accèdent trop rapidement aux soins médicaux d’affirmation du genre (SMAG). La théorie controversée de la « dysphorie de genre à déclenchement rapide » (ROGD) a aussi gagné en visibilité. Elle suggère que des jeunes filles vulnérables entreprennent une transition de genre sous l’influence d’une « contagion sociale » et d’un mauvais diagnostic de dysphorie de genre, puis le regrettent. Cette théorie, bien que très contestée par les chercheur·ses, est largement médiatisée. Paru en 2024, le rapport Cass, lui aussi très critiqué, remet en question les bénéfices des SMAG et les standards de soins de l’association mondiale des professionnel·les en santé trans.

Dans ce contexte, l’idée de regret est souvent mise de l’avant pour souligner le danger d’effectuer une transition. On voit d’ailleurs une multiplication des narratifs sur la détransition souvent présentée de façon alarmiste comme une erreur à prévenir en restreignant l’accès aux SMAG. Bien que les recherches montrent des parcours de détransition nuancés, les controverses sur l’accès aux SMAG et le risque de regret ont déjà des effets tangibles. D’une part, elles menacent les droits des communautés trans, comme en témoignent les restrictions ou interdictions des SMAG qui se multiplient dans plusieurs pays. D’autre part, les personnes détrans subissent souvent du rejet attribuable à l’instrumentalisation de leurs expériences.

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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