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Grandir trans : L'influence des soins médicaux d’affirmation de genre sur le bien-être des jeunes trans et non binaires au Canada

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Naomie-Jade Ladry : Université de Montréal

Résumé de la communication

Malgré les avancées législatives et sociales pour les droits des personnes trans et non binaires (TNB), l’accès aux soins médicaux d’affirmation de genre (SMAG) pour les mineur·e·s demeure débattu. Si certains plaident pour un accès dès la puberté, d’autres appellent à la prudence, estimant les données insuffisantes. L’émergence de narratifs sur la détransition et les regrets post-transition nourrissent aussi les inquiétudes. Pourtant, lorsque les soins sont adaptés, des bénéfices notables sont observés, comme la réduction du stress minoritaire et l’amélioration de la qualité de vie des jeunes TNB. Quels sont donc les effets de l’accès aux SMAG sur le bien-être des jeunes TNB au Canada ? Cette présentation s’inscrit dans le projet Grandir Trans, une enquête longitudinale internationale sur les SMAG, axée sur l’évolution des trajectoires de soins et leur impact sur le bien-être des jeunes TNB âgé·e·s de 11 à 17 ans. La présentation explore l’évolution du bien-être physique, psychologique et social de 7 jeunes TNB cannadien·ne·s ayant débuté un suivi médical d’affirmation de genre. Les données montrent que si les bloqueurs peuvent diminuer le stress lié à la puberté, l’hormonothérapie a un impact plus fort sur la réduction de la dysphorie et la confiance en soi. Par ailleurs, les SMAG semblent améliorer les relations sociales et familiales malgré quelques appréhensions. Cependant, des défis demeurent face à des environnement peu soutenants ou adaptés à leur identité de genre.

Résumé du colloque

Ces dernières années, un discours critique a émergé sur le genre et les transitions de genre, en particulier pour les jeunes trans et non binaires (TNB). Alimentant une panique morale, plusieurs articles et reportages suggèrent que les jeunes TNB accèdent trop rapidement aux soins médicaux d’affirmation du genre (SMAG). La théorie controversée de la « dysphorie de genre à déclenchement rapide » (ROGD) a aussi gagné en visibilité. Elle suggère que des jeunes filles vulnérables entreprennent une transition de genre sous l’influence d’une « contagion sociale » et d’un mauvais diagnostic de dysphorie de genre, puis le regrettent. Cette théorie, bien que très contestée par les chercheur·ses, est largement médiatisée. Paru en 2024, le rapport Cass, lui aussi très critiqué, remet en question les bénéfices des SMAG et les standards de soins de l’association mondiale des professionnel·les en santé trans.

Dans ce contexte, l’idée de regret est souvent mise de l’avant pour souligner le danger d’effectuer une transition. On voit d’ailleurs une multiplication des narratifs sur la détransition souvent présentée de façon alarmiste comme une erreur à prévenir en restreignant l’accès aux SMAG. Bien que les recherches montrent des parcours de détransition nuancés, les controverses sur l’accès aux SMAG et le risque de regret ont déjà des effets tangibles. D’une part, elles menacent les droits des communautés trans, comme en témoignent les restrictions ou interdictions des SMAG qui se multiplient dans plusieurs pays. D’autre part, les personnes détrans subissent souvent du rejet attribuable à l’instrumentalisation de leurs expériences.

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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