Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Ola Siebert : UQAM - Université du Québec à Montréal
La présente communication propose d’examiner les relations complexes entre le monde industriel et culturel à travers le prisme de la science-fiction québécoise. En mobilisant des travaux préliminaires portant notamment sur l’œuvre d’Yves Gingras et en s’appuyant sur une recherche archivistique effectuée dans Le Devoir ainsi que sur une lecture approfondie du Petit guide de la science-fiction au Québec de Jean-Louis Trudel, il s’agit de dégager un imaginaire que j’ai qualifié d’« interdisciplinaire ».
Contrairement à une utopie politique ou culturelle, cet imaginaire se présente comme une forme de résistance face au courant techno-culturel dominant. Les thématiques telles que l’intelligence artificielle ou la présence d’extraterrestres servent en effet de toile de fond pour aborder des enjeux contemporains majeurs.
Cette étude se base sur une approche comparative et interdisciplinaire. D’une part, l’analyse documentaire et archivistique permet de retracer l’évolution de la création culturelle au sein du milieu scientifique et industriel au Québec. D’autre part, un volet comparatif est développé à travers l’étude de la représentation explicite de l’intelligence artificielle dans la science-fiction polonaise, notamment à travers les œuvres de Stanisław Lem.
Nous assistons depuis quelque temps à un renouveau d’intérêt pour les catégories de nostalgie et d’utopie. Or, la brèche entre le savoir érudit sur cette thématique et son usage au quotidien dans des discours médiatiques est immense. L’histoire conceptuelle de ces deux termes demeure largement inconnue au-delà des réseaux de recherche spécialisés, « nostalgie » et « utopie » n’étant fréquemment compris qu’en tant que mots élémentaires et péjoratifs mobilisés pour écarter les inquiétudes de celles et ceux qui se montrent « mésadaptés » à un présent qui est toujours à certains égards insatisfaisant mais auquel nous sommes censés consentir afin d’être « réalistes ».
L’architecture temporelle de la démocratie libérale se révèle ainsi l’expression par excellence de ce que l’historien français François Hartog avait désigné comme « présentisme » dans son ouvrage marquant Régimes d’historicité (Seuil, 2003), soit un ordre social du temps qui survalorise le présent au lieu de tenir compte de la valeur « nostalgique » du passé ou de celle « utopique » de l’avenir, et, ce faisant, ignore les potentialités politiques propres à ces deux catégories.
Titre du colloque :