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Geneviève Rochette : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication s’appuie sur la pensée d’Édouard Glissant et sa "Poétique de la Relation" pour interroger les récits hégémoniques et les structures coloniales persistantes dans le théâtre occidental, notamment dans les Amériques. Elle questionne la capacité du théâtre à incarner de nouveaux récits et expériences dramaturgiques, répondant ainsi à l’injonction de se réinventer, intrinsèque aux arts vivants.
En tant que praticienne, cette démarche soulève des enjeux, notamment celui de l’appropriation culturelle. Inspirée par Glissant, je cherche à appliquer sa "Poétique de la Relation" au théâtre en dialoguant avec les traditions autochtones et afro-descendantes des Amériques, souvent marquées par une dimension rituelle et spirituelle. En me plaçant au croisement de ces récits et cosmogonies, je m’efforce de reconnaître l’influence de la mythologie occidentale qui m’a façonnée. Cet exercice critique révèle les biais d’une culture dominante sur nos imaginaires. Puisque « la Relation est mouvement » (Glissant), cette poétique invite à un théâtre en perpétuel avènement : "incarner le verbe".
Ce colloque réexamine les paradigmes dominants de la recherche-création, encore largement ancrés dans une épistémologie eurocentrée, en développant une méthodologie décoloniale valorisant les savoirs du Sud global. Nous mobilisons des approches féministes et épistémologiques décoloniales, en nous appuyant sur les travaux de Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, Chandra Talpade Mohanty, bell hooks et Françoise Vergès. Bien que la recherche-création, développée en Occident depuis les années 1990 (Borgdorff, Chapman et Sawchuk), ait souvent exclu les perspectives du Sud global, des critiques (Mignolo, Smith, Loveless) appellent à repenser cette approche en reconnaissant les dynamiques coloniales. Ainsi, le colloque s’articule autour de deux axes :
Ce colloque vise à élargir les horizons méthodologiques et épistémologiques de la recherche-création, en valorisant des pratiques collectives et participatives. En encourageant la création de nouveaux discours par la désobéissance épistémologique, il redéfinit la recherche-création comme un outil de transformation sociale, épistémique et politique. Le manque de littérature francophone sur la recherche-création décoloniale souligne l’urgence de créer un corpus valorisant ces savoirs. Inscrit dans la mission du LabARD de décolonialiser les savoirs et pratiques artistiques, ce colloque comble ce vide universitaire et crée un espace de dialogue entre chercheur·ses, artistes et communautés.
Le colloque répond à l’urgence de décolonialiser les approches scientifiques et artistiques dans le milieu universitaire francophone, historiquement dominé par une épistémologie eurocentrée qui a longtemps marginalisé les savoirs du Sud global et les perspectives féministes décoloniales. En ce sens, il vise à repenser en profondeur les fondements théoriques et pratiques de la recherche-création.
En mobilisant des figures majeures comme Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, bell hooks, Chandra Talpade Mohanty et Françoise Vergès, ce colloque instaure une rupture épistémique avec les récits dominants, remettant en cause les hiérarchies de pouvoir dans la production et la légitimation des connaissances. En s’appuyant sur les épistémologies du Sud global, il enrichit et redéfinit la recherche-création en intégrant des savoirs historiquement marginalisés, tout en remettant en question les structures coloniales persistantes.