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Influence des milieux de vie sur les parcours des jeunes transgenres

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Julie Servais : Ecole de Santé Publique de l'Université Libre de Bruxelles

Résumé de la communication

Introduction : Basée sur le modèle bioécologique de Bronfenbrenner, cette étude explore l'influence des environnements de vie sur le développement des jeunes transgenres, spécifiquement leur capacité à exprimer et explorer leur identité de genre.
Méthodes : La méthode Photovoice a été utilisée pour collecter les expériences de jeunes transgenres âgés de 11 à 22 ans. Les créations des jeunes ont été analysées et ont pu mettre en évidence quelles interactions entre microsystèmes (famille, école) et mésosystèmes influencent leur bien-être.
Résultats : Les jeunes ayant un soutien solide de leur entourage direct montrent des trajectoires de vie plus stables et épanouies. Toutefois, dans les milieux scolaires secondaires, où les attentes de genre sont particulièrement strictes, ces jeunes se heurtent à des normes rigides qui compliquent leur exploration identitaire. Les situations de déménagements fréquents exacerbent ces défis, privant ces jeunes d'un ancrage social nécessaire pour tester sereinement leur identité de genre.
Discussion : Cette étude souligne l'importance de créer des réseaux de soutien robustes et de former les intervenant·es à une prise en charge inclusive, en mettant un accent particulier sur les environnements scolaires. L'école, milieu de vie prépondérant chez les jeunes, se doit d'être sécurisante, particulièrement lorsque le soutien familial est insuffisant ou absent.

Résumé du colloque

Ces dernières années, un discours critique a émergé sur le genre et les transitions de genre, en particulier pour les jeunes trans et non binaires (TNB). Alimentant une panique morale, plusieurs articles et reportages suggèrent que les jeunes TNB accèdent trop rapidement aux soins médicaux d’affirmation du genre (SMAG). La théorie controversée de la « dysphorie de genre à déclenchement rapide » (ROGD) a aussi gagné en visibilité. Elle suggère que des jeunes filles vulnérables entreprennent une transition de genre sous l’influence d’une « contagion sociale » et d’un mauvais diagnostic de dysphorie de genre, puis le regrettent. Cette théorie, bien que très contestée par les chercheur·ses, est largement médiatisée. Paru en 2024, le rapport Cass, lui aussi très critiqué, remet en question les bénéfices des SMAG et les standards de soins de l’association mondiale des professionnel·les en santé trans.

Dans ce contexte, l’idée de regret est souvent mise de l’avant pour souligner le danger d’effectuer une transition. On voit d’ailleurs une multiplication des narratifs sur la détransition souvent présentée de façon alarmiste comme une erreur à prévenir en restreignant l’accès aux SMAG. Bien que les recherches montrent des parcours de détransition nuancés, les controverses sur l’accès aux SMAG et le risque de regret ont déjà des effets tangibles. D’une part, elles menacent les droits des communautés trans, comme en témoignent les restrictions ou interdictions des SMAG qui se multiplient dans plusieurs pays. D’autre part, les personnes détrans subissent souvent du rejet attribuable à l’instrumentalisation de leurs expériences.

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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