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Hugo Morand : Université Lumière-Lyon-II
Notre recherche collaborative est portée par un collectif pluricatégoriel (enseignants, conseillers pédagogiques et chercheur) s’est construite autour de la question de la prise en compte de la diversité ethnoculturelle en contexte d’enseignement français à l’étranger dans des écoles françaises relevant de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger et plus particulièrement sur la mise en place d’approches plurielles de l’enseignement-apprentissage.
Construite sur les modalités d’une recherche « avec » (Pelletier, 2021), la question de l’intrication des registres de savoirs (Wasser & Bresler, 1996) a été prise en compte lors de la conception même de cette recherche. Notre collectif de recherche vise alors à créer des séquences d’enseignement plurilingue, en coenseignement en utilisant les ingénieries didactiques coopératives (Sensevy, 2011).
Notre communication propose, à travers l’analyse du discours des enseignants et du chercheur lors des phases d’ingénieries didactique coopérative de montrer comment les différentes catégories de savoirs portées par les acteurs.rices se manifestent. De cette manière, à partir des observations menées en salle de classe et d’entretiens d’auto-confrontation, nous tenterons de mettre à jour comment l’articulation entre savoirs théoriques et empiriques naît dans l’action des coenseignant.es et donne naissance à de nouveaux savoirs permettant la poursuite de l’enquête (Dewey, 1938/2006) par le collectif de recherche.
La recherche qualitative est née au début du siècle dernier d’une volonté de pallier les études statistiques insensibles aux réalités multiples et singulières des acteur·trices de terrain et à leur incapacité à expliquer leurs expériences enchevêtrées. Les premiers travaux en anthropologie et en sociologie ont pavé la voie en jetant les bases d’une façon de faire la recherche au plus près des terrains d’enquête (Morrissette et Demazière, 2019). Dans les années 1980, différentes influences ont conduit à un nouveau type de rapprochement, notamment l’appel de Lieberman (1986) invitant à changer la manière de considérer la relation aux participant·es recruté·es pour les recherches : working with, not working on… Dans cette foulée, l’épistémologie de Schön a soutenu de nouveaux rapports entre recherche et pratique avec la parution de son ouvrage Le praticien réflexif (1983), qui a exercé une influence dans différents champs disciplinaires. La « nouvelle épistémologie de la pratique » (Schön, 2011) proposée s’est inscrite en rupture avec le paradigme de la rationalité technique selon laquelle les réponses aux problèmes professionnels se trouvent dans les savoirs issus de la recherche. Avec d’autres propositions, dont le modèle d’« acteur compétent » proposé par Giddens (1987), plusieurs chercheur·ses ont revu leurs pratiques cloisonnées et les ont ouvertes à la collaboration, acceptant le partage du pouvoir entre les acteur·trices d’une communauté. Les recherches collaboratives accordent aux divers acteur·trices le statut de « coconstructeur·trices du savoir » dans les différentes phases emboîtées d’une investigation conjointe (Bednarz, 2013; Desgagné et al., 2001). Mais qu’en est-il de leur implication concrète dans le processus d’analyse de l’objet de préoccupation mutuelle?
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