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Annie Fontaine : Université Laval
Cette communication exposera le processus et les retombées d’une recherche-action menée en partenariat par la DSMDI du CIUSSS-CN et deux regroupements régionaux d’organismes communautaires (RAIIQ et AGIR) visant à éclairer les enjeux de la collaboration intersectorielle dans l’intervention auprès des personnes désaffiliées.
Encadrée par un comité aviseur, cette recherche qualitative s’est amorcée par une démarche de type ethnographique (observation participante et informateurs-clés). Une série de quatre groupes de discussion homogènes (intervenant·es et gestionnaires du secteur communautaire et du réseau public) a permis aux participant·es de s’exprimer librement; par la suite, un groupe de discussion hétérogène a servi à discuter des convergences et divergences entre les points de vue de ces quatre catégories d’acteurs. Un processus itératif et intersubjectif d’analyse de données et de coproduction de savoirs a ensuite été déployé par le biais d’ateliers de co-interprétation des résultats et de co-élaboration de pistes d’action ainsi que d’un forum régional. Cette communication montrera comment l’approche participative, la posture compréhensive et la perspective interactionniste adoptées auront permis aux acteur·trices d’accroitre la reconnaissance mutuelle de leurs contributions et de leurs contraintes respectives. Elle mettra en lumière comment leur implication aura permis de produire des résultats auxquels ils peuvent s’identifier et qu’ils peuvent mobiliser.
La recherche qualitative est née au début du siècle dernier d’une volonté de pallier les études statistiques insensibles aux réalités multiples et singulières des acteur·trices de terrain et à leur incapacité à expliquer leurs expériences enchevêtrées. Les premiers travaux en anthropologie et en sociologie ont pavé la voie en jetant les bases d’une façon de faire la recherche au plus près des terrains d’enquête (Morrissette et Demazière, 2019). Dans les années 1980, différentes influences ont conduit à un nouveau type de rapprochement, notamment l’appel de Lieberman (1986) invitant à changer la manière de considérer la relation aux participant·es recruté·es pour les recherches : working with, not working on… Dans cette foulée, l’épistémologie de Schön a soutenu de nouveaux rapports entre recherche et pratique avec la parution de son ouvrage Le praticien réflexif (1983), qui a exercé une influence dans différents champs disciplinaires. La « nouvelle épistémologie de la pratique » (Schön, 2011) proposée s’est inscrite en rupture avec le paradigme de la rationalité technique selon laquelle les réponses aux problèmes professionnels se trouvent dans les savoirs issus de la recherche. Avec d’autres propositions, dont le modèle d’« acteur compétent » proposé par Giddens (1987), plusieurs chercheur·ses ont revu leurs pratiques cloisonnées et les ont ouvertes à la collaboration, acceptant le partage du pouvoir entre les acteur·trices d’une communauté. Les recherches collaboratives accordent aux divers acteur·trices le statut de « coconstructeur·trices du savoir » dans les différentes phases emboîtées d’une investigation conjointe (Bednarz, 2013; Desgagné et al., 2001). Mais qu’en est-il de leur implication concrète dans le processus d’analyse de l’objet de préoccupation mutuelle?
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