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Julie Lachapelle : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication présente le parcours d’une enseignante à l’éducation préscolaire devenue professeure d’université. Né au départ du besoin de soutenir le développement professionnel auquel la formation continue de courte durée en milieu scolaire ne permettait pas de répondre, les études aux cycles supérieurs ont finalement mené à la réalisation d’un doctorat en éducation. Le récit de cette expérience permettra d’exposer certains aspects qui touchent la formation continue des personnes enseignantes qui entreprennent des études supérieures. Les objectifs de cette communication sont de faire état d’enjeux institutionnels rencontrés par les personnes enseignantes en exercice qui sont en reprise d’études et d’alimenter les réflexions quant à la formation continue aux cycles supérieurs pour les professionnels de l’éducation. Cette communication sera donc l’occasion de mettre en lumière des savoirs expérientiels relatifs aux enjeux institutionnels de la formation continue, notamment au regard de la valorisation de la formation continue à long terme et des facteurs qui en soutiennent la réussite, aux défis liés notamment à la conciliation études-travail-famille pour les personnes enseignantes en exercice et à la reconnaissance des compétences professionnelles pour alimenter la pertinence de la recherche en éducation et créer des ponts avec les milieux scolaires.
Occupant jusqu’à récemment une place périphérique dans les réflexions sur l’enseignement supérieur, l’apprentissage tout au long de la vie est pourtant au cœur de la mission d’enseignement et de services à la collectivité des établissements collégiaux et universitaires (UNESCO, 2023).
En ouvrant les portes de l’enseignement supérieur à des populations moins traditionnelles (adultes, femmes, étudiantes et étudiants de première génération, personnes issues de l’immigration, Premiers Peuples), la formation continue est à la fois une réponse à la diversification des parcours étudiants et un vecteur de diversification des populations étudiantes en enseignement supérieur (CSE, 2013). Cette diversification est une des grandes tendances identifiées pour l’université du futur (Quirion, 2021), mais elle pose de nombreux défis. Les enjeux d’accessibilité et de persévérance, notamment, s’articulent différemment pour les adultes en enseignement supérieur, qui sont nombreux à devoir conjuguer leurs études avec des responsabilités familiales et professionnelles (Richard, 2023). En outre, les projets éducatifs et les objectifs de formation des personnes apprenantes en formation continue sont différents de ceux des populations étudiantes en formation initiale (Doray, 2024).
Les établissements d’enseignement supérieur répondent-ils adéquatement aux besoins et aux aspirations des adultes en reprise d’études? Comment mieux intégrer les savoirs expérientiels de quiconque œuvre en formation continue (corps enseignant, personnel professionnel et gestionnaires) pour favoriser la réussite des populations adultes en enseignement supérieur?
Peu d’écrits scientifiques portent spécifiquement sur la formation continue en enseignement supérieur au Québec (Martel, 2023). Il s’agit d’un secteur d’activité très éclaté, mais rarement appréhendé dans toutes ses dimensions : inégalités sociales et accès à la formation continue (ICÉA, 2020), conciliation études-travail-famille (Mercier, 2021), soutien financier aux adultes en reprise d’études (CCAFE, 2016), politiques publiques (Doray et Ionici, 2023), services aux entreprises (Doray, Simoneau et Solar-Pelletier, 2016), reconnaissance des acquis et des compétences (Bélisle et coll., 2024), microcertifications (Pichette et Courts, 2024), formation continue à distance (Duhaime, 2022), etc.
Les données institutionnelles concernant les populations étudiantes inscrites en formation continue sont peu nombreuses, particulièrement en formation continue non créditée, en raison de la dynamique concurrentielle qui caractérise ce champ de pratiques (Doray et Manifet, 2017). Devant cet état lacunaire de la recherche, l’apport des savoirs expérientiels apparaît d’autant plus important.
Ce colloque constitue une occasion privilégiée de faire état des savoirs existants, tant scientifiques qu’expérientiels, et d’intéresser des chercheur·ses à des dimensions moins documentées des réalités étudiantes en formation continue.
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