Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Alexandre Beaudoin : Université de Montréal
À l’Université de Montréal, une serre-école unique en son genre a pris racine, mais ce ne sont pas seulement des plantes qui y poussent. Ce projet a su développer une 20aine d’ateliers éducatifs pratiques auprès des jeunes de 3 ans à 20 ans avec des organismes communautaires qui travaillent principalement en agriculture urbaine. Cette programmation offre ainsi un environnement d'apprentissage immersif où il devient possible de se reconnecter avec le vivant dans un cadre urbain, expérimenter et découvrir l'importance de la production alimentaire locale et durable. Nous voyons notre projet comme une école de la transition afin d’induire des changements de comportement chez les jeunes, changer leur relation aux aliments et présenter des métiers du futur (sériculteur urbain).
La crise sanitaire a démontré la fragilité des chaînes d’approvisionnement globalisées et l’importance d’une production locale. Notre projet se distingue de l’offre actuelle par sa mission d’engagement social de proximité. Nous souhaitons que la communauté s’approprie la serre-école afin que celle-ci devienne un lieu de vie et d’expérimentation ayant un impact réel sur le quotidien des participants. La serre-école est un incubateur de talents et un déclencheur de passion. Talent et passion les pierres d’assise de tout projet et les grandes qualités de tout entrepreneur.
La consommation est au cœur de notre quotidien et occupe toutes les sphères de la société, du supermarché à la santé (IRIS, 2014). Il s’agit d’un fait social total, mais qui est aujourd’hui largement critiqué pour les inégalités sociales et les conséquences environnementales qu’il engendre. En effet, 10 % des ménages québécois sont considérés comme étant à faibles revenus (Institut de la statistique du Québec, 2021). De plus, la pandémie de COVID‑19 a entraîné une forte inflation qui touche davantage les produits de base (Cavallo et Kryvtsov, 2024). L’augmentation des prix de logement et de l’alimentation semblent être les principaux facteurs qui renforcent l’exclusion économique des populations vulnérables, les poussant ainsi à consommer des produits de moindre qualité (Bordeleau, 2024).
Du côté environnemental, le portrait n’est pas plus reluisant. Les modes de vie occidentaux basés sur la consommation de masse sont au fondement du dépassement des limites planétaires (Steffen et al., 2015). Par exemple, les changements climatiques sont fortement causés par les émissions de GES du transport (43 % des émissions du Québec), dont une part significative est due aux automobiles individuelles (32 % des GES du Québec). Un autre exemple de limite planétaire est la crise de la biodiversité ou la 6e extinction de masse (IPBES, 2019). La destruction des habitats naturels par l’urbanisation et l’agriculture est en cause, mais derrière ce sont nos modes de vies qui amènent à consommer toujours plus de ressources (Martins et al., 2020).
Ces constats ne concernent pas que le Québec et sont le lot des sociétés occidentales (IPCC, 2023). Ainsi, il est plus que nécessaire de promouvoir des approches critiques en sciences de la consommation (Hansen et Bo Nielsen, 2023; Berlan et al., 2022). Par ce thème, nous voulons non seulement souligner les limites des pratiques de consommation actuelles, mais nous souhaitons aussi ouvrir de nouvelles perspectives qui promeuvent un niveau de bien-être acceptable et soutenable (Fuchs, 2021). Sous cet angle, un accent particulier est porté sur les modalités d’autonomisation des consommateurs pour améliorer leur appropriation des logiques de consommation. Cela implique de considérer, implicitement, le fait que consommer pourrait être « positif », dans la mesure où cela contribue non seulement à l’économie, mais également au bonheur et à la qualité de vie des consommateurs (Miller et Stovall, 2019).
Titre du colloque :
Thème du colloque :