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Myriame Martineau : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication se veut une réflexion féministe, critique et décoloniale du monde du conte au Québec, où les artistes minoritaires (Autochtones, immigrant.e.s et femmes) ont non seulement une moindre place sur les scènes instituées de la culture, mais aussi font face à plusieurs stigmates, discriminations et folklorisation de leur parole conteuse. Qui devient légitime à porter le conte dans l’espace public au Québec ? Comment peut-on s’ouvrir à cette altérité qui ne concerne pas uniquement le propos du conte mais aussi la corporéité, la durée « autorisée », la forme sensible, multidisciplinaire de la performance conteuse, notamment chez les Autochtones et les immigrant.e.s, dans leur pratique contemporaine ? À partir d’une enquête réalisée auprès de 80 conteuses et conteurs au Québec, je propose de penser ces « minoritaires » qui présentent à travers leur art des formes de résistance et de transgression du discours dominant sur ce qui est raconté et les manières de le raconter dans cet espace public. Quelles sont les contraintes et opportunités auxquelles ils/elles font face pour faire entendre leur voix, souvent déniée, voire parfois silenciée ?
Ce colloque réexamine les paradigmes dominants de la recherche-création, encore largement ancrés dans une épistémologie eurocentrée, en développant une méthodologie décoloniale valorisant les savoirs du Sud global. Nous mobilisons des approches féministes et épistémologiques décoloniales, en nous appuyant sur les travaux de Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, Chandra Talpade Mohanty, bell hooks et Françoise Vergès. Bien que la recherche-création, développée en Occident depuis les années 1990 (Borgdorff, Chapman et Sawchuk), ait souvent exclu les perspectives du Sud global, des critiques (Mignolo, Smith, Loveless) appellent à repenser cette approche en reconnaissant les dynamiques coloniales. Ainsi, le colloque s’articule autour de deux axes :
Ce colloque vise à élargir les horizons méthodologiques et épistémologiques de la recherche-création, en valorisant des pratiques collectives et participatives. En encourageant la création de nouveaux discours par la désobéissance épistémologique, il redéfinit la recherche-création comme un outil de transformation sociale, épistémique et politique. Le manque de littérature francophone sur la recherche-création décoloniale souligne l’urgence de créer un corpus valorisant ces savoirs. Inscrit dans la mission du LabARD de décolonialiser les savoirs et pratiques artistiques, ce colloque comble ce vide universitaire et crée un espace de dialogue entre chercheur·ses, artistes et communautés.
Le colloque répond à l’urgence de décolonialiser les approches scientifiques et artistiques dans le milieu universitaire francophone, historiquement dominé par une épistémologie eurocentrée qui a longtemps marginalisé les savoirs du Sud global et les perspectives féministes décoloniales. En ce sens, il vise à repenser en profondeur les fondements théoriques et pratiques de la recherche-création.
En mobilisant des figures majeures comme Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, bell hooks, Chandra Talpade Mohanty et Françoise Vergès, ce colloque instaure une rupture épistémique avec les récits dominants, remettant en cause les hiérarchies de pouvoir dans la production et la légitimation des connaissances. En s’appuyant sur les épistémologies du Sud global, il enrichit et redéfinit la recherche-création en intégrant des savoirs historiquement marginalisés, tout en remettant en question les structures coloniales persistantes.
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