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Langue et transition : ressource linguistique d’aide à la communication neutre pour une meilleure reconnaissance des identités non-binaires dans le domaine de la santé

ML

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Mylène Larivière : Université de Montréal

Résumé de la communication

La reconnaissance est un enjeu central dans la transition des personnes non-binaires, particulièrement en raison du manque de ressources conceptuelles qui permettent de comprendre et de communiquer ces expériences (Fricker, 2007). Sur le plan linguistique, si la langue est un outil fondamental d’affirmation et de construction identitaire, elle peut aussi être un facteur d’exclusion sociale. En français normatif, la bicatégorisation du genre grammatical invisibilise les identités qui échappent au cadre binaire. Ce frein à l’affirmation a des répercussions notables sur les parcours de transition des personnes non-binaires, notamment dans le domaine de la santé où la reconnaissance est essentielle pour garantir des soins de qualité.

Mon projet de recherche vise à développer une ressource linguistique d’aide à la communication neutre, adaptée aux réalités et aux besoins des personnes non-binaires dans le domaine médical. La démarche repose sur la consultation et sur l’analyse d’un corpus de textes dans le domaine de la santé rédigés par des personnes concernées. Des groupes de réflexion seront menés avec des personnes non-binaires afin de recueillir leurs perspectives et leurs attentes en matière de communication neutre. Cette ressource linguistique vise à favoriser la reconnaissance des identités non-binaires et à améliorer l’accès à des soins de santé adaptés.


Résumé du colloque

Ces dernières années, un discours critique a émergé sur le genre et les transitions de genre, en particulier pour les jeunes trans et non binaires (TNB). Alimentant une panique morale, plusieurs articles et reportages suggèrent que les jeunes TNB accèdent trop rapidement aux soins médicaux d’affirmation du genre (SMAG). La théorie controversée de la « dysphorie de genre à déclenchement rapide » (ROGD) a aussi gagné en visibilité. Elle suggère que des jeunes filles vulnérables entreprennent une transition de genre sous l’influence d’une « contagion sociale » et d’un mauvais diagnostic de dysphorie de genre, puis le regrettent. Cette théorie, bien que très contestée par les chercheur·ses, est largement médiatisée. Paru en 2024, le rapport Cass, lui aussi très critiqué, remet en question les bénéfices des SMAG et les standards de soins de l’association mondiale des professionnel·les en santé trans.

Dans ce contexte, l’idée de regret est souvent mise de l’avant pour souligner le danger d’effectuer une transition. On voit d’ailleurs une multiplication des narratifs sur la détransition souvent présentée de façon alarmiste comme une erreur à prévenir en restreignant l’accès aux SMAG. Bien que les recherches montrent des parcours de détransition nuancés, les controverses sur l’accès aux SMAG et le risque de regret ont déjà des effets tangibles. D’une part, elles menacent les droits des communautés trans, comme en témoignent les restrictions ou interdictions des SMAG qui se multiplient dans plusieurs pays. D’autre part, les personnes détrans subissent souvent du rejet attribuable à l’instrumentalisation de leurs expériences.

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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