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Laura Parent : Université Laval
Le langage écrit porte une valence épistémique et devient un moteur d’apprentissage pour toutes les disciplines scolaires (Blaser et Chartrand, 2009; Pomerleau et Makdissi, 2023). Malgré des pratiques décontextualisées souvent centrées sur l’orthographe (Prince, 2011), les recherches convergent sur la nécessité de favoriser l’écriture de textes par les élèves afin qu’ils s’approprient les caractéristiques liées aux genres discursifs (Adam, 2015; Allal, 2015; Dolz-Mestre et Abouzaid, 2015). Un des genres permettant de raffiner l’argumentation est la lettre d’opinion. Si la fonction de cette dernière est de convaincre un destinataire (Chartrand et Elghazi, 2014), sa rigueur reposera sur l’organisation de l’argumentation ancrée dans un raisonnement causal entre prémisse, raisons, faits mettant en relief une prise de position univoque. Le but de la présente communication est de décrire la capacité des élèves à s’exprimer sur et par des arguments en contexte d’écriture de lettre d’opinion dans une telle démarche d’écriture. La démarche de réécriture accompagnée adaptée de Prince (2011) a été réalisée et filmée dans une classe de 20 élèves d’une classe jumelée de 3e cycle primaire. À partir des transcriptions verbatim, des analyses qualitatives du discours, de nature inductive, catégorisent les interactions enseignant-élèves et élèves-élèves en fonction des éléments constitutifs du genre incluant la construction de l’argumentation à même l’acte d’écrire.
L’intérêt pour le développement de la compétence argumentative à l’école a connu un grand essor au cours des dernières décennies, en s’inspirant notamment des travaux philosophiques et psychologiques (Rapanta, 2013). Elle est considérée en recherche dans divers champs, notamment comme compétence nécessaire à la construction d’une vision du monde et à l’exercice d’une citoyenneté éclairée.
D’une part, l’argumentation est vue comme une approche d’enseignement-apprentissage dans plusieurs disciplines scolaires. Par exemple, puisque les pratiques argumentatives font partie du fonctionnement des communautés disciplinaires de référence dans les domaines des sciences, de l’histoire, des langues ou des mathématiques, on s’attend à ce que leur introduction en classe engage les élèves dans des démarches de recherche favorisant l’apprentissage des processus et des concepts dans ces disciplines (Bisault et Le Bourgeois, 2006). D’autre part, dans une perspective citoyenne qui mobilise ou non les savoirs disciplinaires, c’est l’apprentissage de l’argumentation elle-même qui est au cœur de certaines approches qui font appel, par exemple, au dialogue philosophique (Gagnon et Yergeau, 2016), à l’analyse des médias numérique, à l’étude des controverses socioscientifiques (comme les controverses entourant certains vaccins ou le changement climatique) (Dawson et Carson, 2020) ou des sujets sensibles comme le racisme ou l’identité de genre (Moisan et coll., 2022). Ainsi, si aucun domaine de recherche ne peut prétendre avoir le monopole de l’argumentation (Michelli, 2011), des questions importantes méritent d’être posées et discutées : que nous apprennent les recherches réalisées dans la francophonie sur l’argumentation dans les différents champs? Peut-on en dégager des spécificités disciplinaires et des dimensions transversales de l’argumentation? Quelles sont les possibilités et les défis de croiser les approches théoriques et méthodologiques, dans une perspective interdisciplinaire?
Le colloque, organisé par le Centre de recherche interuniversitaire en didactiques (CRIDid), avec la collaboration du Centre de recherche sur l’enseignement et l’apprentissage (CREA) et du collectif d.phi, réunit des communications de chercheur·ses ainsi que d’étudiant·es qui s’inscrivent dans l’un ou l’autre des objectifs suivants :
1) Présentation de résultats de recherches portant sur l’argumentation à l’école, en considérant les différents champs disciplinaires et les différentes composantes du processus d’enseignement-apprentissage (curriculum, ressources didactiques, pratiques d’enseignement, processus d’apprentissage, etc.). Chaque communication doit présenter clairement le cadre de référence et le cadre méthodologique retenu, en plus des résultats.
2) Présentation d’une conceptualisation de l’argumentation dans le contexte scolaire, fondée sur l’analyse des conceptualisations existantes.
3) Proposition d’une approche d’enseignement et d’apprentissage de l’argumentation.
Titre du colloque :