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Latéralité queer : coécrire en dépit, au-delà et en résistance à l’autorité des positionnalités au sein de l’institution universitaire

JP

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Jade-Léon Préfontaine : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Écrire avec quelqu’un·e dont le statut dans l’institution est différent pose des questions. Les rapports de pouvoir existent dans l’université. Vouloir les déconstruire est une belle idée, mais elle amène trop souvent à en nier la réalité matérielle, ce qui constitue une autre forme de violence. Comment tenter des formes de complicité queer qui travaillent non seulement à établir d’autres façons d’entrer en relation, mais aussi à ébranler l’autorité accordée à la parole de chacun·e?

Inspiré·es par Wittig et ses explorations littéraires, nous choisissons un mode de rédaction et d’adresse qui évite, à la lecture, que les propos puissent être réattribués à l’un·e ou l’autre. Améthodologiques et résolument inscrites dans une perspective féministe queer, nos réflexions se construisent dans ce dialogue et nous observons en retour la façon dont il transforme jusqu’à notre réception des œuvres.

Proposer aujourd’hui cette communication, c’est continuer la conversation, retracer le processus de coécriture et tenter de mesurer comment dont il a transformé nos façons de collaborer – y compris lors de la suite du processus d’accompagnement à la maîtrise en théâtre.

Résumé du colloque

Ce colloque souhaite documenter les pratiques de résistance vouées à mettre au jour et à questionner les relations genrées du milieu de l’éducation, notamment dans l’enseignement postsecondaire universitaire et collégial, face à une culture de domination masculine qui (re)produit les inégalités basées sur des marqueurs identitaires genrés (Walters et al., 2022). Ces inégalités touchent tant les membres du corps professionnel régulier et contractuel (Dutoya et al., 2019) que la population étudiante (Julien et Gosselin, 2015a, 2015b). Par exemple, les femmes s’occupent davantage de tâches « de soin » importantes pour le maintien de la vie universitaire, mais peu reconnues : mentorat, travail administratif, travail de soutien émotif (Gaudet, 2022).

Face à cet état des choses, les pratiques de résistance dans le milieu de l’éducation sont nombreuses et en effervescence depuis les dernières années : publication d’articles provocateurs et de numéros spéciaux confrontant la domination masculine dans certains champs de recherche (Cunliffe, 2022; Aumais, Basque et al., 2018), mise sur pied de campagnes de sensibilisation aux violences sexuelles en milieu universitaire et de collectifs luttant contre les violences sexistes en milieu scolaire (ex. : On s’écoute, La voix des jeunes compte), transformation des pratiques d’enseignement et de publication de la recherche (Aumais et Dorion, 2024), remise en question des normes d’écriture par le mouvement féministe « writing differently » (Gilmore, Harding et Pullen, 2019). Tant à l’échelle internationale que locale, ces quelques exemples mettent en lumière les initiatives qui, si elles ne permettent pas de résoudre définitivement ces enjeux complexes, permettent d’espérer des avancées et des transformations durables du milieu de l’éducation.

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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