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Michelle Lalonde : Université d'Ottawa
Le Canada a deux langues officielles : l'anglais et le français. Environ un des 8 millions de francophones vivant au Canada à l’extérieure du Québec (Qc) sont désignés comme des francophones vivant dans des communautés francophones en situation minoritaire (CFSM). En 2015, l'examen bilingue canadien d'entrée à la profession a été remplacé (à l'exception du Qc) par un examen américain, le NCLEX-RN ; le NCLEX-RN a été traduit et mis à disposition en français. Les taux de réussite initiaux ont été plus faibles qu'auparavant pour l'ensemble des candidates à la profession du Canada (69 %). Bien que le taux de réussite des candidats à la profession anglophones se soit amélioré depuis 2015, les francophones continuent d'avoir des taux de réussite inférieurs à 50 %. Par ailleurs, le nombre de francophones choisissant de passer l'examen en français est en constante diminution. Cette présentation discutera des résultats d’un programme de recherche qui s’étale sur 10 ans et qui explore les expériences des francophones des CFSM au Canada avec l'examen d’entrée à la pratique, le NCLEX-RN. Les résultats mettent en lumière les expériences et les défis auxquels sont confrontées les francophones, ainsi que les facteurs qui influencent leur décision quant au choix de la langue de rédaction de l'examen et de travailler dans un milieu francophone. Les résultats de ce programme de recherche sont très préoccupants pour la qualité et la pérennité de la relève infirmière francophone des CFSM.
Ce colloque offre la possibilité de présenter des résultats de recherche portant sur la prise en compte de la langue dans l’organisation et l’offre des services de santé, ainsi que les effets de la langue des services offerts sur la qualité des services et sur la santé des patients. Dans un contexte canadien où le français et l’anglais font l’objet d’une reconnaissance variable selon les provinces, mais aussi où la diversité linguistique ne cesse de croître, il demeure hautement pertinent de nous interroger sur la manière dont les systèmes de santé prennent en compte les langues minoritaires dans l’offre de services de santé, sur les bonnes et moins bonnes pratiques en la matière, sur l’accès des groupes linguistiques minoritaires aux services de santé, sur les effets de la langue des services sur la qualité des services et la santé des patients. Des travaux issus du réseau des chercheuses et chercheurs qui gravitent autour de l’Institut du savoir Montfort ont montré les effets que peuvent avoir des services de santé linguistiquement discordants sur la santé des patients. Ce champ de recherche en émergence sur la concordance linguistique des services de santé donne lieu à plusieurs analyses prometteuses pour mieux comprendre l’importance de l’accès à des services dans la langue du patient. Cependant, tout chercheur qui s’intéresse à ces questions se heurte à la difficulté d’obtenir des données sur la langue des services. Dans le cadre de ce colloque, les chercheurs pourront discuter de ces défis et des solutions employées pour mener leurs analyses. L’accès aux données sur la langue des services et la santé des patients est essentiel pour faire progresser nos connaissances sur l’offre des services dans les langues minoritaires (officielles ou non) et pour mieux comprendre la santé des groupes linguistiques minoritaires.
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