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Eve Bernet : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Contexte : L’initiative « Le sexisme ordinaire, pas notre genre ! », vise à mettre en évidence le sexisme ordinaire à l’INRS et à faire cesser ses manifestations qui contribuent à créer un environnement hostile à l’égard des femmes et des minorités de genre. Un groupe d’étudiantes a développé ce projet pour répondre à deux objectifs : briser l’isolement des personnes vivant du sexisme ordinaire et ouvrir un espace de discussion sur le sujet. Méthode : 1) organisation de rencontres de partage d’expériences entre étudiantes ; 2) création d’affiches sous formes de BD inspirées des témoignages recueillis ; 3) tenue de 2 conférences sur les inégalités de genre dans le milieu scientifique avec Farah Alibay (ingénieure aérospatiale, conférencière et autrice) et Stéphanie Gaudet (Professeure à l’Université d’Ottawa). Retombées : Les affiches ont permis aux perspectives féministes d’occuper les murs de l’Université, une institution traditionnellement dominée par les hommes. Les personnes ayant participé aux rencontres d’échange ont unanimement rapporté que les discussions ont eu un effet positif sur elles. À la suite des conférences, entre 70 % et 95 % des participant·es ont rapporté avoir acquis de nouvelles connaissances sur les inégalités de genre. Plusieurs équipes ont placé des affiches dans leurs laboratoires. Les outils développés sont disponibles sur le site de l'INRS afin d'élargir l'impact de la campagne et d’initier des actions similaires dans d'autres universités.
Ce colloque souhaite documenter les pratiques de résistance vouées à mettre au jour et à questionner les relations genrées du milieu de l’éducation, notamment dans l’enseignement postsecondaire universitaire et collégial, face à une culture de domination masculine qui (re)produit les inégalités basées sur des marqueurs identitaires genrés (Walters et al., 2022). Ces inégalités touchent tant les membres du corps professionnel régulier et contractuel (Dutoya et al., 2019) que la population étudiante (Julien et Gosselin, 2015a, 2015b). Par exemple, les femmes s’occupent davantage de tâches « de soin » importantes pour le maintien de la vie universitaire, mais peu reconnues : mentorat, travail administratif, travail de soutien émotif (Gaudet, 2022).
Face à cet état des choses, les pratiques de résistance dans le milieu de l’éducation sont nombreuses et en effervescence depuis les dernières années : publication d’articles provocateurs et de numéros spéciaux confrontant la domination masculine dans certains champs de recherche (Cunliffe, 2022; Aumais, Basque et al., 2018), mise sur pied de campagnes de sensibilisation aux violences sexuelles en milieu universitaire et de collectifs luttant contre les violences sexistes en milieu scolaire (ex. : On s’écoute, La voix des jeunes compte), transformation des pratiques d’enseignement et de publication de la recherche (Aumais et Dorion, 2024), remise en question des normes d’écriture par le mouvement féministe « writing differently » (Gilmore, Harding et Pullen, 2019). Tant à l’échelle internationale que locale, ces quelques exemples mettent en lumière les initiatives qui, si elles ne permettent pas de résoudre définitivement ces enjeux complexes, permettent d’espérer des avancées et des transformations durables du milieu de l’éducation.
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