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Patricia Loncle : Ecole des hautes études en santé publique
La présente proposition de communication s’insère dans l’axe 3 de l’ACC : les soutiens et les contraintes au logement. À partir de matériaux qualitatifs (entretiens individuels et collectifs, semi-directifs et biographiques ainsi que des observations) récoltés dans trois villes bretonnes, nous nous intéressons à la question de l’accès à l’hébergement des jeunes débouté.es du droit d’asile. Plus précisément, nous étudions les rôles que jouent les espaces associatifs oppositionnels dans le développement de propositions d’hébergement pour ces jeunes ; ni totalement informels ni structurés par des équipes de personnes salariées, ces espaces prennent en charge les personnes exilées non hébergées dans le cadre des dispositifs publics. Nous analysons leurs actions à travers trois axes. Nous rappelons tout d’abord le contexte de crise de l’hébergement des personnes exilées pour présenter les publics accueillis par les associations, parmi lesquels de nombreux jeunes hommes considérés comme en bonne santé. Nous nous focalisons ensuite sur les contraintes subies par ces espaces associatifs. Nous expliquons enfin les logiques autonomes que les associations peuvent tout de même construire. L’étude de l’action de ces associations permet de comprendre les rôles qu’elles jouent dans l’accompagnement à l’hébergement mais également à de nombreux autres domaines de la vie sociale pour soutenir les passages à l’âge adulte des jeunes personnes déboutées du droit d’asile.
Dans des contextes où de nombreuses personnes sont confrontées à des difficultés d’accès à un logement, comment se déroulent les trajectoires résidentielles des jeunes et leurs parcours de transition vers la vie adulte? Les jeunes sont de plus en plus exposé·es à la crise du logement, qui rend leurs trajectoires résidentielles diverses et incertaines, flexibles et réversibles. Quels actions, stratégies, relations, ressources et soutiens mobilisent-ils et elles? Que signifie pour eux et elles le logement indépendant? Qu’en est-il des pratiques d’hébergement? Des inégalités sociales se creusent alors que les jeunes n’ont pas accès aux mêmes relations, soutiens et ressources pour faire face à ces difficultés. Les trajectoires résidentielles permettent d’analyser les transformations des parcours juvéniles, car l’accès à un logement fait partie des transitions importantes dans les passages vers la vie adulte. Comment les relations d’interdépendances entre les sphères de vie se conjuguent-elles avec les trajectoires résidentielles et les passages vers la vie adulte? De quelles manières les marqueurs de la diversité, comme la région, le genre, l’origine ethnique, l’appartenance à une classe sociale, la situation économique, entrent-ils en interaction avec les trajectoires résidentielles et les parcours de transition vers la vie adulte? Ce sont à ces questions que ce colloque cherche à répondre en proposant trois axes de réflexion : 1) les trajectoires résidentielles (la recherche d’une résidence, l’accès au logement ou à l’hébergement, la stabilité et la précarité résidentielle); 2) les rapports au logement et à l’habitat (les expériences d’habiter [ou de non habiter], le sentiment et les pratiques du chez-soi et de l’autonomie, l’accès et le rapport à la propriété privée); 3) les soutiens et les contraintes au logement (les politiques publiques et les acteurs privés ou communautaires, les difficultés financières, l’isolement).
Titre du colloque :