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Séverine De Croix : Université catholique de Louvain
Très présents dans les classes du primaire, les albums sont moins fréquents au secondaire. Pourtant, sous l’effet de l’évolution éditoriale, l’album pour lecteurs plus âgés semble en train de se frayer une voie sur la scène scolaire : il se distingue des productions pour les plus jeunes par des thèmes ou des choix graphiques et esthétiques exigeants, par la quantité de texte, par la pratique élargie de l’intericonicité ou de l’intertextualité, etc.
Dans cette contribution, nous poursuivons un double projet. Nous tentons, à l’aide d’un corpus constitué d’une vingtaine d’albums récents, d’élaborer une modélisation des spécificités des iconotextes destinés aux adolescent·e·s. Des caractéristiques spécifiques permettent-elles de parler d’album pour adolescents ? Conduisent-elles à réinterroger les pratiques de lecture littéraire développées à l’école ? La recherche porte aussi sur la relation des enseignant·e·s à ces iconotextes considérés comme textes potentiels pour la classe. Une quinzaine d’enseignant·e·s rencontré·e·s lors de « focus groups » sont interrogés sur les spécificités des albums pour les adolescents et sur la pertinence de leur introduction dans les corpus scolaires. Confrontés à notre corpus initial, les enseignant·e·s sont invité·e·s à faire le choix d’un album qu’ils pourraient retenir à destination de leurs classes et à commenter leur sélection. Cette « 1re lecture professionnelle » des enseignant·e·s nous permet de faire évoluer notre modélisation initiale.
Au cours des deux dernières éditions de l’Acfas, nous avons réalisé des colloques autour de la thématique des livres jeunesse. Le premier s’intéressait aux différents aspects didactiques, c’est-à-dire axiologiques (pourquoi?), praxéologiques (comment?) et épistémologiques (quoi?). Le deuxième colloque mettait quant à lui en avant-scène les visées des livres jeunesse en contexte scolaire. Le troisième s’attarde aux méthodologies et aux enjeux qui leur sont associés autour de l’objet livre et de ses usages. En considérant les communications présentées dans ces deux derniers événements, nous avons constaté une variété de moyens de collectes de données et d’outils d’analyse. Par conséquent, nous croyons utile pour le développement des recherches dans ce secteur de dresser un portrait des choix et des enjeux méthodologiques qui en découlent.
Considérons quelques exemples. Au colloque qui s’est tenu en mai 2023, Turgeon et McKinley ont présenté une analyse de contenu autour du thème de la diversité des personnages sur un échantillon restreint de 20 albums récipiendaires de prix littéraires récents, alors que DeRoy-Ringuette, avec une approche similaire, a plutôt opté pour un échantillon plus vaste de 120 livres qui contient des albums, des romans, des miniromans et des biographies. Dans les deux cas, les analyses de contenu étaient soutenues par une grille qui contient des éléments littéraires liés aux personnages. Si ce type d’analyse est relativement fréquent, d’autres choix méthodologiques peuvent être explorés. En 2024, à partir d’un devis quasi expérimental, Sauvageau a proposé une analyse secondaire des types de livres jeunesse qui favorisent le réemploi lexical, tandis que Guillemin et Moura ont expliqué une démarche qui s’apparente à la recherche-création. Ces brefs exemples illustrent qu’il est utile d’éclairer les options méthodologiques lorsqu’il s’agit des livres jeunesse.
Titre du colloque :