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Mirna Abiad-Boyadjian : UQAM - Université du Québec à Montréal
En 1982, ma mère, Nadia Abiad, réfugiée libanaise, mère monoparentale et couturière, a témoigné de sa situation pour l’Association de la Défense des Droits Sociaux (ADDS). Son récit, publié en 1987, témoigne de réalités invisibilisées : l’exil, la précarité et la marginalisation des femmes racisées et déscolarisées.
Comment redonner vie à ce témoignage, à la fois intime et politique ? Depuis plusieurs mois, je collabore avec ma mère à travers des lectures filmées et des discussions sur son histoire et les conditions de son témoignage. Cette communication présentera notre démarche, illustrée par des extraits vidéo.
Longtemps relégué au second plan, le récit de vie – surtout celui d’une femme du Sud global – est souvent exclu de l’Histoire et de la littérature. Pourtant, il ne se limite pas à une anecdote, mais permet d’articuler subjectivité et structures sociales. Inscrit dans un féminisme décolonial (Vergès, 2019), ce projet honore la mémoire de ma mère et la lutte des femmes dont je suis l’héritière.
Ce colloque réexamine les paradigmes dominants de la recherche-création, encore largement ancrés dans une épistémologie eurocentrée, en développant une méthodologie décoloniale valorisant les savoirs du Sud global. Nous mobilisons des approches féministes et épistémologiques décoloniales, en nous appuyant sur les travaux de Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, Chandra Talpade Mohanty, bell hooks et Françoise Vergès. Bien que la recherche-création, développée en Occident depuis les années 1990 (Borgdorff, Chapman et Sawchuk), ait souvent exclu les perspectives du Sud global, des critiques (Mignolo, Smith, Loveless) appellent à repenser cette approche en reconnaissant les dynamiques coloniales. Ainsi, le colloque s’articule autour de deux axes :
Ce colloque vise à élargir les horizons méthodologiques et épistémologiques de la recherche-création, en valorisant des pratiques collectives et participatives. En encourageant la création de nouveaux discours par la désobéissance épistémologique, il redéfinit la recherche-création comme un outil de transformation sociale, épistémique et politique. Le manque de littérature francophone sur la recherche-création décoloniale souligne l’urgence de créer un corpus valorisant ces savoirs. Inscrit dans la mission du LabARD de décolonialiser les savoirs et pratiques artistiques, ce colloque comble ce vide universitaire et crée un espace de dialogue entre chercheur·ses, artistes et communautés.
Le colloque répond à l’urgence de décolonialiser les approches scientifiques et artistiques dans le milieu universitaire francophone, historiquement dominé par une épistémologie eurocentrée qui a longtemps marginalisé les savoirs du Sud global et les perspectives féministes décoloniales. En ce sens, il vise à repenser en profondeur les fondements théoriques et pratiques de la recherche-création.
En mobilisant des figures majeures comme Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, bell hooks, Chandra Talpade Mohanty et Françoise Vergès, ce colloque instaure une rupture épistémique avec les récits dominants, remettant en cause les hiérarchies de pouvoir dans la production et la légitimation des connaissances. En s’appuyant sur les épistémologies du Sud global, il enrichit et redéfinit la recherche-création en intégrant des savoirs historiquement marginalisés, tout en remettant en question les structures coloniales persistantes.
Titre du colloque :