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Drissa Ouattara : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Le secteur minier, comme d’autres industries, connait une transformation majeure marquée par l’intégration de nouvelles technologies qui requièrent de nouvelles organisations de travail et un personnel adéquatement qualifié. Ces bouleversements, soulèvent certaines questions : quelles sont les compétences nécessaires pour évoluer dans les mines à l’ère du numérique? Comment ces changements technologiques affectent-ils les rôles et responsabilités du personnel de mines? Comment les institutions d’enseignement intègrent-elles ces changements dans leur offre de formation? Cette étude a analysé les impacts de l’introduction de 3 nouvelles technologies dans les opérations minières sur les compétences du personnel en poste. Les technologies, sélectionnées par analyse multicritère parmi une dizaine, s’appliquaient à la ventilation minière, au broyage des minerais et à la gestion des données. Les résultats de questionnaires et d’entrevues des parties prenantes ont permis de cerner les impacts de chacune des technologies sur les rôles et responsabilités des employé(es) et d’identifier les besoins de formation et le rôle central de la formation continue comme moyen de rehaussement des compétences des employé(es) en poste. Les compétences de l’ère numérique requises pour chacune des technologies ont été évaluées à l’aide du cadre de référence des compétences du numérique de l’Institut National des Mines du Québec (INMQ).
Occupant jusqu’à récemment une place périphérique dans les réflexions sur l’enseignement supérieur, l’apprentissage tout au long de la vie est pourtant au cœur de la mission d’enseignement et de services à la collectivité des établissements collégiaux et universitaires (UNESCO, 2023).
En ouvrant les portes de l’enseignement supérieur à des populations moins traditionnelles (adultes, femmes, étudiantes et étudiants de première génération, personnes issues de l’immigration, Premiers Peuples), la formation continue est à la fois une réponse à la diversification des parcours étudiants et un vecteur de diversification des populations étudiantes en enseignement supérieur (CSE, 2013). Cette diversification est une des grandes tendances identifiées pour l’université du futur (Quirion, 2021), mais elle pose de nombreux défis. Les enjeux d’accessibilité et de persévérance, notamment, s’articulent différemment pour les adultes en enseignement supérieur, qui sont nombreux à devoir conjuguer leurs études avec des responsabilités familiales et professionnelles (Richard, 2023). En outre, les projets éducatifs et les objectifs de formation des personnes apprenantes en formation continue sont différents de ceux des populations étudiantes en formation initiale (Doray, 2024).
Les établissements d’enseignement supérieur répondent-ils adéquatement aux besoins et aux aspirations des adultes en reprise d’études? Comment mieux intégrer les savoirs expérientiels de quiconque œuvre en formation continue (corps enseignant, personnel professionnel et gestionnaires) pour favoriser la réussite des populations adultes en enseignement supérieur?
Peu d’écrits scientifiques portent spécifiquement sur la formation continue en enseignement supérieur au Québec (Martel, 2023). Il s’agit d’un secteur d’activité très éclaté, mais rarement appréhendé dans toutes ses dimensions : inégalités sociales et accès à la formation continue (ICÉA, 2020), conciliation études-travail-famille (Mercier, 2021), soutien financier aux adultes en reprise d’études (CCAFE, 2016), politiques publiques (Doray et Ionici, 2023), services aux entreprises (Doray, Simoneau et Solar-Pelletier, 2016), reconnaissance des acquis et des compétences (Bélisle et coll., 2024), microcertifications (Pichette et Courts, 2024), formation continue à distance (Duhaime, 2022), etc.
Les données institutionnelles concernant les populations étudiantes inscrites en formation continue sont peu nombreuses, particulièrement en formation continue non créditée, en raison de la dynamique concurrentielle qui caractérise ce champ de pratiques (Doray et Manifet, 2017). Devant cet état lacunaire de la recherche, l’apport des savoirs expérientiels apparaît d’autant plus important.
Ce colloque constitue une occasion privilégiée de faire état des savoirs existants, tant scientifiques qu’expérientiels, et d’intéresser des chercheur·ses à des dimensions moins documentées des réalités étudiantes en formation continue.
Titre du colloque :