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Elsa BRAIS-DUSSAULT : UQO - Université du Québec en Outaouais
Comme personne enseignante, il est important d'être informé sur les troubles neurodéveloppementaux, tels que le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Ces connaissances nous permettent de mieux repérer les défis particuliers des personnes étudiantes ayant un TDAH à la formation continue, notamment dans un contexte de perfectionnement, de retour aux études et de conciliation travail et famille. La compréhension du parcours particulier de ces personnes permet de mieux les soutenir dans leur cheminement académique, social et professionnel.
Nous allons voir comment repérer les signes des symptômes du TDAH, ainsi que les difficultés spécifiques aux personnes étudiantes ayant un TDAH, dans l’adaptation à la charge de travail, aux exigences académiques et à la mobilisation des connaissances. Nous allons explorer comment entrer en contact avec cette personne d’une manière adroite et empathique. Ensuite, nous allons identifier des suggestions en termes d’aide à l’apprentissage scientifiquement validées, ainsi que des adaptations possibles dans notre rôle de personne enseignante neuroinclusive et respectueuse. Enfin, des ressources et des organismes reconnus en troubles neurodéveloppementaux seront présentés comme ressources d’accompagnement pour les personnes enseignantes, afin de faciliter la compréhension des enjeux et besoins des personnes étudiantes avec TDAH dans leur parcours à la formation continue et perfectionnement, pour une population d’adultes.
Occupant jusqu’à récemment une place périphérique dans les réflexions sur l’enseignement supérieur, l’apprentissage tout au long de la vie est pourtant au cœur de la mission d’enseignement et de services à la collectivité des établissements collégiaux et universitaires (UNESCO, 2023).
En ouvrant les portes de l’enseignement supérieur à des populations moins traditionnelles (adultes, femmes, étudiantes et étudiants de première génération, personnes issues de l’immigration, Premiers Peuples), la formation continue est à la fois une réponse à la diversification des parcours étudiants et un vecteur de diversification des populations étudiantes en enseignement supérieur (CSE, 2013). Cette diversification est une des grandes tendances identifiées pour l’université du futur (Quirion, 2021), mais elle pose de nombreux défis. Les enjeux d’accessibilité et de persévérance, notamment, s’articulent différemment pour les adultes en enseignement supérieur, qui sont nombreux à devoir conjuguer leurs études avec des responsabilités familiales et professionnelles (Richard, 2023). En outre, les projets éducatifs et les objectifs de formation des personnes apprenantes en formation continue sont différents de ceux des populations étudiantes en formation initiale (Doray, 2024).
Les établissements d’enseignement supérieur répondent-ils adéquatement aux besoins et aux aspirations des adultes en reprise d’études? Comment mieux intégrer les savoirs expérientiels de quiconque œuvre en formation continue (corps enseignant, personnel professionnel et gestionnaires) pour favoriser la réussite des populations adultes en enseignement supérieur?
Peu d’écrits scientifiques portent spécifiquement sur la formation continue en enseignement supérieur au Québec (Martel, 2023). Il s’agit d’un secteur d’activité très éclaté, mais rarement appréhendé dans toutes ses dimensions : inégalités sociales et accès à la formation continue (ICÉA, 2020), conciliation études-travail-famille (Mercier, 2021), soutien financier aux adultes en reprise d’études (CCAFE, 2016), politiques publiques (Doray et Ionici, 2023), services aux entreprises (Doray, Simoneau et Solar-Pelletier, 2016), reconnaissance des acquis et des compétences (Bélisle et coll., 2024), microcertifications (Pichette et Courts, 2024), formation continue à distance (Duhaime, 2022), etc.
Les données institutionnelles concernant les populations étudiantes inscrites en formation continue sont peu nombreuses, particulièrement en formation continue non créditée, en raison de la dynamique concurrentielle qui caractérise ce champ de pratiques (Doray et Manifet, 2017). Devant cet état lacunaire de la recherche, l’apport des savoirs expérientiels apparaît d’autant plus important.
Ce colloque constitue une occasion privilégiée de faire état des savoirs existants, tant scientifiques qu’expérientiels, et d’intéresser des chercheur·ses à des dimensions moins documentées des réalités étudiantes en formation continue.
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