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Cynthia Mathieu : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Certains individus, par leur façon d’être, rendent les milieux de travail toxiques. Il existe en effet des profils d’individus, qui, bien qu’ils puissent être charismatiques peuvent expliquer, du moins en partie, la présence de comportements d’intimidation en milieu de travail. Cette présentation se concentrera à identifier les caractéristiques des individus faisant partie de la « Dark Triad » et le rôle que jouent ces traits de personnalités sur les gestions d’intimidation et de harcèlement en milieu de travail. La présentation se basera tant sur les études menées par la chercheure dans plusieurs milieux de travail ainsi que sur les recherches portant sur le sujet du harcèlement en milieu académique. Au cours de cette présentation, les moyens utilisés par ces individus afin d’entrer dans les organisations seront présentées ainsi que les mécanismes inhérents au monde académique qui expliquent et favorisent les comportements d’intimidation de la part de professeur.e.s envers leurs collègues. Des recommandations seront offertes afin d’aider les organisations à minimiser les risques d’intimidation entre professeur.e.s.
L’intimidation dans le milieu universitaire est un sujet qui suscite de plus en plus d’attention, en raison notamment de ses impacts sur la qualité du climat d’enseignement-apprentissage (p. ex., Fraguas et al., 2021; Jadambaa et al., 2021). Jusqu’alors, les travaux se sont principalement penchés sur les gestes d’intimidation entre étudiant·es. On en sait beaucoup moins sur ces gestes perpétrés par des professeur·es d’université à l’endroit de leurs propres collègues (Meriläinen et al., 2016).
Les recherches menées dans d’autres contextes professionnels indiquent que les personnes qui subissent de l’intimidation au travail peuvent en venir à se dévaloriser et afficher des problèmes de performance (p. ex., stress important, perte d’estime personnelle; Vartia, 2011) sans compter qu’elles peuvent développer de sérieux problèmes de santé mentale (p. ex., détresse psychologique importante, dépression, anxiété; Bailey et al., 2015; Bonde et al., 2016; Laschinger et Fida, 2014; Liang, 2019). Dans les cas les plus graves, les gestes d’intimidation peuvent mener à des idées et à des comportements suicidaires (Nielsen et al., 2016).
L’on croit dans le milieu que l’intimidation entre professeur·es serait un phénomène commun, mais que les gestes reprochables seraient rarement dénoncés, notamment en raison de craintes de représailles (Gianakos et al., 2022). Cette intimidation qui nous intéresse désigne des comportements abusifs ou irrespectueux qui sont posés par un·e professeur·e et qui cible une collègue professeur·e. Ces gestes sont souvent posés au sein d’une relation asymétrique, où la personne intimidatrice jouit d’un statut de séniorité ou est en position d’autorité. À titre de professeur·es œuvrant en milieu universitaire et dans divers domaines, nous croyons qu’il relève de notre responsabilité de mettre en lumière la fréquence et la nature de cette pratique problématique.