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Prendre le jeu au sérieux : comprendre la radicalisation d'extrême droite au sein de la communauté vidéoludique en ligne

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Victor Bardou-Bourgeois : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La présence croissante de discours d’extrême droite au sein de certains secteurs de la communauté vidéoludique en ligne est devenue une préoccupation publique croissante compte tenu de la popularité de la pratique du jeu vidéo. En raison de la présence de ce genre de discours haineux, des recherches ont théorisé que cette communauté représente un terreau fertile permettant la radicalisation en ligne d’extrême droite chez certains gamers. Néanmoins, ces différentes recherches s’intéressent peu aux gamers en tant que tels, que ce soit sur leurs croyances, leurs griefs et leur vécu qui permettraient de comprendre comment ces individus en viendraient à être séduits par des idéologies extrémistes. Qui plus est, ces travaux tendent à adopter une lecture technodéterministe des effets de l'Internet sur l’adoption de croyances par des individus, et portent peu d’attention à la manière dont les discours d’extrême droite sont reproduits, adaptés et partagés par les gamers au sein de leur propre communauté.

Quels mécanismes et processus expliquent la circulation des discours d’extrême droite au sein de la communauté vidéoludique en ligne? Grâce à une analyse de contenus des discussions sur 3 forums de jeux vidéo distincts, nous arguons que les discours haineux d’extrême droite résonnent auprès des gamers car ils nourrissent le sentiment de victimisation et de crainte de perte de statut au sein de la culture du jeu vidéo, mais aussi du monde réel.

Résumé du colloque

Le début des années 2020 voit poindre une dégradation du climat social eu égard aux personnes LGBTQ+, et surtout aux personnes trans et non binaires (TNB), ciblées par des assauts législatifs et une polarisation des discours sur leur existence. Des rapports d’associations états-uniennes montrent que les personnes LGBTQ+ en général, et les personnes TNB en particulier, sont ciblées par des initiatives visant à restreindre leurs droits (HRC, 2023). Ces violences sont décuplées par les réseaux sociaux et par l’incapacité des plateformes à réglementer ces discours (GLAAD, 2023).

La désinformation autour de l’existence et des revendications des personnes trans génère une polarisation des opinions du grand public à leur sujet. C’est particulièrement vrai au sujet des droits des personnes trans, qu’on tend à représenter comme des menaces, des gains durement acquis par les mouvements féministes comme de la sécurité et de l’intégrité des enfants, qu’il faudrait « protéger » de leur « influence ». Ainsi, un sondage états-unien révèle que 38 % des adultes estiment que « la société va trop loin pour accommoder les personnes trans », alors qu’une proportion presque égale (36 %) estime qu’elle devrait les accommoder davantage (Pew, 2022).

Le Canada et le Québec n’échappent pas à ces phénomènes. Un sondage canadien montre un déclin significatif et rapide du soutien à des mesures transaffirmatives comme l’accès des mineur·es à des soins d’affirmation de genre (58 % en accord en 2023 vs 48 % en 2024) ou la possibilité d’offrir une option de genre neutre sur les papiers d’identité (49 % en 2023 vs 40 % en 2024) (IPSOS, 2024).

Ce climat social affecte les jeunes, par la rhétorique qu’il emprunte comme par ses impacts. Une étude montre par exemple un lien de causalité entre l’adoption de lois anti-trans aux États-Unis et la hausse du taux de suicide des jeunes TNB (Lee et al., 2024). Des recherches en cours s’intéressent à la recrudescence de tels discours chez les jeunes personnes au Québec.

Contexte

manager icon Responsables :
Olivier Vallerand
section icon Date : 6 mai 2025

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