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Alice Bourgasser : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le jazz est un courant musical et dansant africain-américain développé au début du XXe siècle aux États-Unis, peu après l’abolition de l’esclavage. Inscrit dans un contexte hautement politique, il porte en son sein des valeurs sociales collaboratives et communautaires caractéristiques des besoins de la population africaine-américaine de l’époque. Dû à un phénomène d’appropriation culturelle centenaire, le jazz vernaculaire se pratique aujourd’hui dans une communauté hégémonique blanche décontextualisé de ses valeurs d’origine. Étant moi-même une artiste blanche qui travaille en jazz, j’ai été confrontée à des enjeux éthiques manifestes, cherchant conséquemment à initier une décolonialité de mes pratiques artistique et pédagogique.
Emprunte des méthodologies noires (McKittrick), j’ai effectué, dans le cadre de mon projet au DEPA, une résidence recherche et création comme plateforme d’expression pour 5 artistes afrodescendant.e.s spécialistes du jazz. Les artistes, sous une épistémologie sociale, ont déployé la notion de cultural party mode, afin de connecter artistiquement et spirituellement aux valeurs d’origines du jazz mettant en lumière les dimensions collectives musicales et dansantes comme agents épistémiques. Dans le cadre de cette communication, je souhaite partager une partie de mes résultats mettant en lumière les voix des artistes collaborateur.ice. s et soulignant la centralité des dimensions collaboratives et communautaires dans mon projet de recherche-création.
Ce colloque réexamine les paradigmes dominants de la recherche-création, encore largement ancrés dans une épistémologie eurocentrée, en développant une méthodologie décoloniale valorisant les savoirs du Sud global. Nous mobilisons des approches féministes et épistémologiques décoloniales, en nous appuyant sur les travaux de Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, Chandra Talpade Mohanty, bell hooks et Françoise Vergès. Bien que la recherche-création, développée en Occident depuis les années 1990 (Borgdorff, Chapman et Sawchuk), ait souvent exclu les perspectives du Sud global, des critiques (Mignolo, Smith, Loveless) appellent à repenser cette approche en reconnaissant les dynamiques coloniales. Ainsi, le colloque s’articule autour de deux axes :
Ce colloque vise à élargir les horizons méthodologiques et épistémologiques de la recherche-création, en valorisant des pratiques collectives et participatives. En encourageant la création de nouveaux discours par la désobéissance épistémologique, il redéfinit la recherche-création comme un outil de transformation sociale, épistémique et politique. Le manque de littérature francophone sur la recherche-création décoloniale souligne l’urgence de créer un corpus valorisant ces savoirs. Inscrit dans la mission du LabARD de décolonialiser les savoirs et pratiques artistiques, ce colloque comble ce vide universitaire et crée un espace de dialogue entre chercheur·ses, artistes et communautés.
Le colloque répond à l’urgence de décolonialiser les approches scientifiques et artistiques dans le milieu universitaire francophone, historiquement dominé par une épistémologie eurocentrée qui a longtemps marginalisé les savoirs du Sud global et les perspectives féministes décoloniales. En ce sens, il vise à repenser en profondeur les fondements théoriques et pratiques de la recherche-création.
En mobilisant des figures majeures comme Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, bell hooks, Chandra Talpade Mohanty et Françoise Vergès, ce colloque instaure une rupture épistémique avec les récits dominants, remettant en cause les hiérarchies de pouvoir dans la production et la légitimation des connaissances. En s’appuyant sur les épistémologies du Sud global, il enrichit et redéfinit la recherche-création en intégrant des savoirs historiquement marginalisés, tout en remettant en question les structures coloniales persistantes.
Titre du colloque :