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Résister et "prendre soin" de nous: le mentorat universitaire féminin

SG

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Stéphanie Gaudet : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

La culture organisationnelle des universités impose des trajectoires de carrière qui suivent une norme supposée universelle - mais masculine - d'un scientifique libre et mobile et d'un professeur pleinement engagé et passionné (Dubois-Shaik & Fusulier, 2017). Évidemment, ce modèle organisationnel ne correspond pas à la réalité de certains hommes et de la plupart des personnes qui s’identifient comme femmes (Blithe & Elliott, 2020; Drew & Canavan, 2020). Ces normes impliquent des inégalités de genre qui s’observent par un manque de parité dans la représentation du corps professoral, l’accès inégal à des postes permanents, l’iniquité salariale, le partage inégal de la tâche, les violences à caractère sexuel ainsi que l’accès différencié à des ressources symboliques, c’est-à-dire des réseaux, des conférences, du soutien (Gaudet et al., 2022). Les moyens les plus efficaces pour atteindre l’égalité et l’inclusion sont les politiques nationales et organisationnelles dans les processus d’embauche, les politiques de congé parental et de conciliation entre le travail et la vie personnelle (Clavero & Galligan, 2021; Rosa & Clavero, 2022; Sümer et al., 2020). Une façon de résister et de contrer ces inégalités est la création de groupe de mentorat (Ehrich, 2020). Dans cette communication, nous présenterons une réflexion sur les avenues possibles du mentorat en milieu universitaire à partir d’une revue de la littérature thématique.

Résumé du colloque

Ce colloque souhaite documenter les pratiques de résistance vouées à mettre au jour et à questionner les relations genrées du milieu de l’éducation, notamment dans l’enseignement postsecondaire universitaire et collégial, face à une culture de domination masculine qui (re)produit les inégalités basées sur des marqueurs identitaires genrés (Walters et al., 2022). Ces inégalités touchent tant les membres du corps professionnel régulier et contractuel (Dutoya et al., 2019) que la population étudiante (Julien et Gosselin, 2015a, 2015b). Par exemple, les femmes s’occupent davantage de tâches « de soin » importantes pour le maintien de la vie universitaire, mais peu reconnues : mentorat, travail administratif, travail de soutien émotif (Gaudet, 2022).

Face à cet état des choses, les pratiques de résistance dans le milieu de l’éducation sont nombreuses et en effervescence depuis les dernières années : publication d’articles provocateurs et de numéros spéciaux confrontant la domination masculine dans certains champs de recherche (Cunliffe, 2022; Aumais, Basque et al., 2018), mise sur pied de campagnes de sensibilisation aux violences sexuelles en milieu universitaire et de collectifs luttant contre les violences sexistes en milieu scolaire (ex. : On s’écoute, La voix des jeunes compte), transformation des pratiques d’enseignement et de publication de la recherche (Aumais et Dorion, 2024), remise en question des normes d’écriture par le mouvement féministe « writing differently » (Gilmore, Harding et Pullen, 2019). Tant à l’échelle internationale que locale, ces quelques exemples mettent en lumière les initiatives qui, si elles ne permettent pas de résoudre définitivement ces enjeux complexes, permettent d’espérer des avancées et des transformations durables du milieu de l’éducation.

Contexte

Discutant-e- de la session : Kharoll-Ann Souffrant
section icon Date : 6 mai 2025

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