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Saisir la visée transformatrice de la co-analyse dans la restitution de l’expérience de la co-production de savoirs scientifiques

FG

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Francois Gremion : Haute école pédagogique BEJUNE

Résumé de la communication

Les auteur·e·s de cette communication coordonnent un numéro spécial intitulé « Propos libres sur la recherche dans les Hautes Écoles Pédagogiques et institutions apparentées » d’une revue scientifique suisse. A leur demande, les acteur.trices qui ont participé, à divers degrés et formes d’implication (étudiant·e, chargées de recherche, formateur chercheur) à leurs projets de recherches collaboratives (Desgagné, 1997), ont accepté de témoigner de leur expérience de la co-analyse et la coproduction.
Entre la visée épistémique du·de la chercheur·e et la visée praxéologique du·de la partenaire, l’analyse sémiologique des verbatims permet de faire émerger dans les témoignages des variables de la transformation professionnelle (Wittorski, 2007). Ces dernières ne peuvent néanmoins servir la visée transformatrice que si elles sont mises au service de leur réflexivité (Schön, 1994). Dès lors, c’est l’utilisation de cette resignification de l’expérience par la restitution verbale qui devient un matériau empirique de la visée transformatrice (Perrin, 2010). Cette nouvelle coproduction de savoirs touche le soi professionnel, la pratique ordinaire et le contexte professionnel autant que les représentations, les croyances et par conséquent les attentes des partenaires envers la recherche. La publication envisagée porte ainsi le délivrable qui témoigne des retombées des recherches collaboratives relevant à la fois du développement professionnel et du savoir scientifique.

Résumé du colloque

La recherche qualitative est née au début du siècle dernier d’une volonté de pallier les études statistiques insensibles aux réalités multiples et singulières des acteur·trices de terrain et à leur incapacité à expliquer leurs expériences enchevêtrées. Les premiers travaux en anthropologie et en sociologie ont pavé la voie en jetant les bases d’une façon de faire la recherche au plus près des terrains d’enquête (Morrissette et Demazière, 2019). Dans les années 1980, différentes influences ont conduit à un nouveau type de rapprochement, notamment l’appel de Lieberman (1986) invitant à changer la manière de considérer la relation aux participant·es recruté·es pour les recherches : working with, not working on… Dans cette foulée, l’épistémologie de Schön a soutenu de nouveaux rapports entre recherche et pratique avec la parution de son ouvrage Le praticien réflexif (1983), qui a exercé une influence dans différents champs disciplinaires. La « nouvelle épistémologie de la pratique » (Schön, 2011) proposée s’est inscrite en rupture avec le paradigme de la rationalité technique selon laquelle les réponses aux problèmes professionnels se trouvent dans les savoirs issus de la recherche. Avec d’autres propositions, dont le modèle d’« acteur compétent » proposé par Giddens (1987), plusieurs chercheur·ses ont revu leurs pratiques cloisonnées et les ont ouvertes à la collaboration, acceptant le partage du pouvoir entre les acteur·trices d’une communauté. Les recherches collaboratives accordent aux divers acteur·trices le statut de « coconstructeur·trices du savoir » dans les différentes phases emboîtées d’une investigation conjointe (Bednarz, 2013; Desgagné et al., 2001). Mais qu’en est-il de leur implication concrète dans le processus d’analyse de l’objet de préoccupation mutuelle?

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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