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Diana Paola Castillo Herrera : Colombie
Cette communication analyse le processus de création et de recherche collaborative ayant mené à l’installation muséographique Territoire Sud : tissu de vies. Nous existons parce que nous résistons. Présentée au Musée de la Ville Autoconstruite (MCA) à Bogotá (Colombie), cette exposition met en lumière les violences, tensions et résistances socio-environnementales qui traversent la localité de Ciudad Bolívar, au sud de la capitale. En documentant cette expérience, cette étude interroge les concepts et pratiques de paix et de réconciliation qui émergent de ces dynamiques de violence et de résistance. Ciudad Bolívar, territoire marqué par des conflits, des inégalités socio-écologiques et des discriminations liées au genre, à l’ethnicité et à la classe, constitue également un espace de réflexion sur des alternatives possibles pour des présents et futurs plus justes. Cette analyse explore comment ce territoire, en contexte de crise climatique, permet d’envisager des processus de réparation et de réconciliation écologique et territoriale face aux défis de l’urbanisation inégalitaire.
Ce colloque réexamine les paradigmes dominants de la recherche-création, encore largement ancrés dans une épistémologie eurocentrée, en développant une méthodologie décoloniale valorisant les savoirs du Sud global. Nous mobilisons des approches féministes et épistémologiques décoloniales, en nous appuyant sur les travaux de Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, Chandra Talpade Mohanty, bell hooks et Françoise Vergès. Bien que la recherche-création, développée en Occident depuis les années 1990 (Borgdorff, Chapman et Sawchuk), ait souvent exclu les perspectives du Sud global, des critiques (Mignolo, Smith, Loveless) appellent à repenser cette approche en reconnaissant les dynamiques coloniales. Ainsi, le colloque s’articule autour de deux axes :
Ce colloque vise à élargir les horizons méthodologiques et épistémologiques de la recherche-création, en valorisant des pratiques collectives et participatives. En encourageant la création de nouveaux discours par la désobéissance épistémologique, il redéfinit la recherche-création comme un outil de transformation sociale, épistémique et politique. Le manque de littérature francophone sur la recherche-création décoloniale souligne l’urgence de créer un corpus valorisant ces savoirs. Inscrit dans la mission du LabARD de décolonialiser les savoirs et pratiques artistiques, ce colloque comble ce vide universitaire et crée un espace de dialogue entre chercheur·ses, artistes et communautés.
Le colloque répond à l’urgence de décolonialiser les approches scientifiques et artistiques dans le milieu universitaire francophone, historiquement dominé par une épistémologie eurocentrée qui a longtemps marginalisé les savoirs du Sud global et les perspectives féministes décoloniales. En ce sens, il vise à repenser en profondeur les fondements théoriques et pratiques de la recherche-création.
En mobilisant des figures majeures comme Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, bell hooks, Chandra Talpade Mohanty et Françoise Vergès, ce colloque instaure une rupture épistémique avec les récits dominants, remettant en cause les hiérarchies de pouvoir dans la production et la légitimation des connaissances. En s’appuyant sur les épistémologies du Sud global, il enrichit et redéfinit la recherche-création en intégrant des savoirs historiquement marginalisés, tout en remettant en question les structures coloniales persistantes.
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