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Transidentité et patrons de transition sociale, légale et médicale : une analyse de classes latentes des démarches de transition de genre entreprises par les jeunes TNB

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Laurence Dion : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Au Canada, on compte plus de 62 000 jeunes trans et non binaires (TNB) de 15 à 34 ans. Or, leurs profils de transition restent peu documentés. Cette étude a identifié, via des analyses de classes latentes, cinq profils de transition parmi 671 jeunes TNB de 15 à 29 ans, en fonction de leurs démarches de transition socio-médico-légales et de leurs caractéristiques sociodémographiques. Les cinq patrons sont : Contemplation (16%; peu de démarches); Non-conformité (13%; démarches sociales modérées, rares démarches légales, faible intérêt médical); Intention médicale (38%; démarches sociales répandues, quelques démarches légales, fort intérêt médical); Objectifs chirurgicaux (27%; démarches sociales, légales et hormonothérapie répandues, fort intérêt pour les chirurgies); Antécédents socio-médico-légaux (7%; démarches de tous types très répandues). Les patrons où plusieurs démarches étaient voulues et entreprises démontraient une grande satisfaction quant à leur transition, un meilleur bien-être et étaient davantage "out". Ceux qui comptaient moins de démarches entreprises ou un fort intérêt envers de futures démarches présentaient des scores moindres de satisfaction et de bien-être et plus de dissimulation. Ces résultats soulignent la nécessité de soutenir les jeunes TNB dans leurs démarches de transition, d’améliorer le soutien social à leur égard et de garantir l’accès aux démarches légales et médicales désirées pour favoriser leur épanouissement et reconnaissance en société.

Résumé du colloque

Ces dernières années, un discours critique a émergé sur le genre et les transitions de genre, en particulier pour les jeunes trans et non binaires (TNB). Alimentant une panique morale, plusieurs articles et reportages suggèrent que les jeunes TNB accèdent trop rapidement aux soins médicaux d’affirmation du genre (SMAG). La théorie controversée de la « dysphorie de genre à déclenchement rapide » (ROGD) a aussi gagné en visibilité. Elle suggère que des jeunes filles vulnérables entreprennent une transition de genre sous l’influence d’une « contagion sociale » et d’un mauvais diagnostic de dysphorie de genre, puis le regrettent. Cette théorie, bien que très contestée par les chercheur·ses, est largement médiatisée. Paru en 2024, le rapport Cass, lui aussi très critiqué, remet en question les bénéfices des SMAG et les standards de soins de l’association mondiale des professionnel·les en santé trans.

Dans ce contexte, l’idée de regret est souvent mise de l’avant pour souligner le danger d’effectuer une transition. On voit d’ailleurs une multiplication des narratifs sur la détransition souvent présentée de façon alarmiste comme une erreur à prévenir en restreignant l’accès aux SMAG. Bien que les recherches montrent des parcours de détransition nuancés, les controverses sur l’accès aux SMAG et le risque de regret ont déjà des effets tangibles. D’une part, elles menacent les droits des communautés trans, comme en témoignent les restrictions ou interdictions des SMAG qui se multiplient dans plusieurs pays. D’autre part, les personnes détrans subissent souvent du rejet attribuable à l’instrumentalisation de leurs expériences.

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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