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Roxane Cantin : Université Paris Cité
A travers leur métier, les travailleuses en soins personnels sont exposées aux perturbateurs endocriniens (PEs) contenus dans les cosmétiques. Ces molécules peuvent entraîner des troubles de la reproduction, des dysfonctions métaboliques ou des cancers en interagissant avec le système hormonal. Généralement, les PEs sont étudiés seuls ce qui n’est pas représentatif de l’exposition réelle. Il a été démontré que dans certains cas, l’association de différents PEs peut avoir une action additive voir synergique et donc potentiellement avoir des effets nocifs sur la santé.
L’objectif de cette étude est d’étudier in vitro l’effet de mixtures issues d’échantillons d’urines de femmes travaillant dans les soins personnels afin de caractériser le risque associé à leur exposition au travail.
Ainsi, 32 de femmes ont accepté de fournir des échantillons d’urine après leurs journées de travail. Ces échantillons seront testés sur les MCF12A, une lignée cellulaire luminale de la glande mammaire, afin d’avoir une meilleure connaissance de la prolifération, de la cytotoxicité et de l’invasion cellulaire induites par les PEs. L’hypothèse est que les mixtures des travailleuses en soin personnel affecteront les fonctions cellulaires pouvant être impliquées dans le développement du cancer du sein contrairement aux mixtures provenant de femmes témoins. Cette étude permettra d’informer ces femmes sur les risques possibles liés à leurs travails et de les orienter vers une pratique plus sécuritaire.
Certaines populations subissent de manière disproportionnée les répercussions des contaminants environnementaux. Ces inégalités, souvent liées à des facteurs socioéconomiques ou géographiques, exposent davantage des groupes comme les agriculteur·trices, les professionnel·les de soins esthétiques ou encore les communautés vivant à proximité d’activités extractives. L’exposition à des substances nocives telles que les métaux lourds et les perturbateurs endocriniens peut entraîner des effets complexes sur la santé qui demeurent mal compris.
Ce colloque abordera ces enjeux de justice environnementale en s’appuyant sur des exemples précis comme l’exposition à l’arsenic à Rouyn-Noranda, au mercure à Grassy Narrows et aux perturbateurs endocriniens présents dans des produits du quotidien. C’est par l’entremise de cas concrets que le colloque vise à mettre en lumière la complexité des effets environnementaux sur la santé humaine et les défis méthodologiques qu’ils posent.
Il réunira des chercheur·ses et des membres des communautés exposées à ces iniquités afin de favoriser un dialogue intersectoriel. Cette synergie permettra d’explorer des approches de recherche novatrices qui dépassent les limites des laboratoires et des méthodologies épidémiologiques classiques. L’importance d’intégrer les connaissances des populations locales dans la recherche afin d’enrichir les pratiques de prévention et d’intervention sera mise de l’avant.
Le colloque se veut une occasion unique de réfléchir collectivement aux moyens d’agir sur les iniquités environnementales et de proposer des solutions pour construire des communautés en meilleure santé. Les deux jours du colloque seront divisés en quatre blocs de présentations, suivi d’une période de réseautage et de présentation d’affiches.
Bloc 1 : Histoire à succès de recherche avec les communautés (avec la présence de personnes du milieu)
Bloc 2 : Conférence invitée sur les iniquités environnementales
Bloc 3 : Lumière sur les travaux de la relève (présentations étudiantes)
Bloc 4 : Panel de discussion sur les défis et solutions
Titre du colloque :