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Kim Dubé : Université d'Ottawa
En juin 2023, le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs (2018-2024) a modifié la loi 713 quant à l’utilisation du prénom et du pronom choisi par les élèves transgenres et non binaires de moins de 16 ans. La modification de la politique a été une problématique de grande envergure dans la province du Nouveau-Brunswick. Elle stipulait désormais que pour utiliser un autre pronom et prénom, les élèves devaient avoir le consentement parental. La notion du « droit parental » a fait émerger plusieurs manifestations et le mouvement a même pris une ampleur pancanadienne. Cette communication a pour objectif de présenter les résultats d’une analyse des discours médiatiques néo-brunswickois sur les communautés 2ELGBTQIA+ suite aux modifications de la politique 713 par le gouvernement Higgs. Les résultats préliminaires démontrent qu’il y a effectivement eu une montée des discours haineux à l’égard de communautés 2ELGBTQIA+.
Le début des années 2020 voit poindre une dégradation du climat social eu égard aux personnes LGBTQ+, et surtout aux personnes trans et non binaires (TNB), ciblées par des assauts législatifs et une polarisation des discours sur leur existence. Des rapports d’associations états-uniennes montrent que les personnes LGBTQ+ en général, et les personnes TNB en particulier, sont ciblées par des initiatives visant à restreindre leurs droits (HRC, 2023). Ces violences sont décuplées par les réseaux sociaux et par l’incapacité des plateformes à réglementer ces discours (GLAAD, 2023).
La désinformation autour de l’existence et des revendications des personnes trans génère une polarisation des opinions du grand public à leur sujet. C’est particulièrement vrai au sujet des droits des personnes trans, qu’on tend à représenter comme des menaces, des gains durement acquis par les mouvements féministes comme de la sécurité et de l’intégrité des enfants, qu’il faudrait « protéger » de leur « influence ». Ainsi, un sondage états-unien révèle que 38 % des adultes estiment que « la société va trop loin pour accommoder les personnes trans », alors qu’une proportion presque égale (36 %) estime qu’elle devrait les accommoder davantage (Pew, 2022).
Le Canada et le Québec n’échappent pas à ces phénomènes. Un sondage canadien montre un déclin significatif et rapide du soutien à des mesures transaffirmatives comme l’accès des mineur·es à des soins d’affirmation de genre (58 % en accord en 2023 vs 48 % en 2024) ou la possibilité d’offrir une option de genre neutre sur les papiers d’identité (49 % en 2023 vs 40 % en 2024) (IPSOS, 2024).
Ce climat social affecte les jeunes, par la rhétorique qu’il emprunte comme par ses impacts. Une étude montre par exemple un lien de causalité entre l’adoption de lois anti-trans aux États-Unis et la hausse du taux de suicide des jeunes TNB (Lee et al., 2024). Des recherches en cours s’intéressent à la recrudescence de tels discours chez les jeunes personnes au Québec.
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