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Zones d’innovation québécoises : paradoxes et stratégies de GRH territoriale pour répondre aux préoccupations d’attraction et de rétention de talents

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Véronique Corriveau : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Avec le déploiement des zones d’innovations (ZI), le gouvernement du Québec cherche à dynamiser durablement son économie en attirant des acteurs de la recherche, de l’entrepreneuriat et des industries. Ce contexte suscite des préoccupations chez les PME déjà établies dans ces territoires qui doivent s’adapter à ce nouvel écosystème tout en contribuant à la création de valeur sociale, économique et environnementale. Des enjeux RH se posent notamment face à la compétition accrue pour attirer et retenir les talents de niveau collégial, professionnel et sans formation spécifique. À cet égard, les ZI occupent un rôle central dans la concertation et le soutien des parties prenantes.

Cette communication propose un cadre conceptuel permettant d’éclairer les tensions vécues par une ZI et les PME d’un tel écosystème. En jumelant la littérature en gestion territoriale des ressources humaines (Mazzilli et Pichault, 2015) et celle sur les paradoxes organisationnels (Smith et Lewis, 2011) ce cadre permettra d’identifier les stratégies existantes ou à construire afin d’intégrer les enjeux de main-d’œuvre aux impératifs du développement durable et du renforcement des milieux de vie de ces zones.

À terme, une étude de cas approfondie permettra aux acteurs responsables du développement des ZI de mettre en œuvre des initiatives favorisant la résilience des PME tout en renforçant l’attractivité des territoires, un élément essentiel pour garantir la pérennité de cette initiative gouvernementale.

Résumé du colloque

Depuis la publication du rapport Brundtland en 1987, le discours autour du développement durable a connu une diffusion et une influence sans précédent grâce à sa grande plasticité conceptuelle. Dès 1995, des chercheurs recensaient déjà plus de 70 définitions concurrentes de la notion (Kirby et al., 1995), tout à la fois paradigme et concept multidimensionnel, cadre de référence consensuel et… slogan à la mode (Schojan et al., 2023).

Le développement durable constitue donc à son degré zéro un discours puissant. De 2003 à 2023, le nombre d’articles scientifiques qui incluent le mot-clé « sustainable development » a connu une augmentation cumulative de 1300 % (Scopus, 2024). De la même manière, le nombre d’entreprises de l’indice S&P 500 ayant publié un rapport de développement durable approchait le 100 % en 2022 (GA Institute, 2022), une augmentation de 25 % en 10 ans. Il n’est donc pas imprudent de dire que le discours sur le développement durable a marqué les esprits dans les sphères politico-institutionnelle, scientifique et économique. A-t-il cependant sensiblement modifié les pratiques?

À ce sujet, le Global Sustainable Development Report 2023 publié par l’ONU est sans appel : le monde est sur la mauvaise voie (off track), avec des progrès notables dans seulement 2 des 17 objectifs de développement durable (ODD) et, pis encore, une détérioration de la trajectoire pour la grande majorité d’entre eux. Pourquoi cet échec du développement durable? Les raisons sont multiples et documentées, mais force est de constater que l’analyse critique des pratiques des acteurs organisationnels a jusqu’ici largement fait défaut (Bansal et Song, 2017).

L’une des avenues de recherche prometteuses émane de l’appel lancé par l’ONU en faveur des Principes pour l’éducation à la gestion responsable (PRME). Les principes incorporent un appel à intensifier la recherche afin de mieux comprendre « le rôle, la dynamique et l’impact des entreprises dans la création de valeur sociale, économique et environnementale durable ». L’intérêt majeur de ce champ de recherche en émergence réside dans le déplacement du point focal de l’analyse : déplacement de la sphère du discours vers la sphère des pratiques organisationnelles concrètes, de la justification (« pourquoi? ») à l’action (« comment? »), bref le passage de la parole aux actes.

Ce colloque vise à capitaliser sur les nouvelles avenues de recherche ouvertes par cette approche avec l’objectif d’offrir des perspectives de recherche croisées sur les pratiques de gestion responsable. En ce sens, le colloque s’inscrit en réponse à l’appel à l’action et à la mobilisation des sciences de la gestion pour répondre aux grands défis de société (grand challenges) lancé par le comité éditorial de l’Academy of Management Journal (George et al., 2016).

Contexte

section icon Date : 6 mai 2025

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