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Membre a labase
Anne-Marie Parisot
Les langues des signes utilisent l’espace pour marquer les relations grammaticales entre les éléments du discours. La superposition spatiale est une possibilité structurelle, au même titre que la juxtaposition temporelle des éléments en français par exemple. Cependant, elle a des incidences sur l’organisation de la syntaxe. Quatre moyens (manuels et non manuels) sont attestés dans les langues des signes pour marquer l’association spatiale entre une anaphore et son antécédent, soit : 1) la localisation directe d’un élément sur un locus spatial; 2) l’utilisation d’un pointé vers la trace spatiale de l’antécédent; 3) la direction du regard vers la trace spatiale de l’antécédent et 4) l’inclinaison du tronc vers la trace spatiale de l’antécédent. Ils sont utilisés entre autres pour la référence anaphorique, la détermination du nom ou l’accord verbal.
Dans cette présentation, nous illustrerons comment la capture de mouvement des membres supérieurs et la mesure de la convergence du regard pourrait contribuer à la description de la grammaire de la langue des signes québécoise, notamment en termes de suivi de la référence et de variation dans le marquage référentiel chez les signeurs aînés.
La parole est un signal physiologique utilisé par les humains pour communiquer. En plus d’être porteuse d’un message en langage naturel, la parole contient aussi de nombreuses informations sur la personne du locuteur et son état au moment où la communication a lieu. La production et la perception de la parole sont traditionnellement étudiées par des chercheurs de disciplines très diverses, dont la linguistique, l’audiologie, l’orthophonie, la didactique des langues, l’informatique et le génie, recoupant à la fois les secteurs des sciences naturelles et du génie, des sciences de la santé et des sciences humaines et sociales. Les technologies jouent un rôle important dans ces recherches, que ce soit à titre d’outil de mesure pour caractériser les signaux, à titre d’aide technique pour des patients ou des apprenants, ou encore dans un contexte d’automatisation de transactions.
Malgré les succès scientifiques et commerciaux de ces technologies et la diversité des points de vue dans les différentes communautés de recherche entourant les sciences de la parole, des défis importants demeurent en matière d’équité, de diversité et d’inclusion dans ce secteur. Par exemple, les engins de synthèse de la parole n’existent pas dans toutes les langues. Les outils de reconnaissance vocale automatisée ne fonctionnent pas bien avec toutes les populations de locuteurs. Les expériences réalisées à l’aide d’outils de mesure sophistiqués ont souvent lieu dans un contexte de laboratoire fortement contrôlé qui exclut des participants issus de certaines minorités. Certaines technologies ne sont pas adaptées à des situations de handicap.
Dans ce colloque, nous mettons en valeur des perspectives multisectorielles sur l’utilisation et le développement des technologies au service des sciences de la parole, les enjeux que ces derniers soulèvent en matière d’inclusivité et les solutions (technologiques ou non) à ces enjeux.
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