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Clinique des expériences exceptionnelles zoonécrophaniques. Liens continués et deuil de l’animal de compagnie

RJ

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Romain Jallet : Université de Lorraine

Résumé de la communication

Les liens entre l’humain et l’animal sont porteurs de bénéfices psychosociaux, au point de considérer ces compagnons comme des membres de sa famille. Un tel attachement interroge sur ses conséquences lors du décès de l’animal. En tant que psychologue, nous avons accueilli ces deuils et des témoignages de sensations de présence de l’animal pendant plusieurs semaines après son décès. Nous présenterons le cas d’une femme qui entendait sa défunte chienne aboyer ; et celui d’une femme qui entretient des liens avec un “chat fantomatique noir” ainsi que sa défunte jument. Suite à plusieurs travaux qui nomment les vécus d’interactions avec les morts, des “nécrophanies”; nous avons proposé le terme zoonécrophanies afin de qualifier celles qui concernent des animaux [6]. En contexte de deuil, des personnes témoignent de ces vécus que nous approchons dans une perspective des liens continués, c’est-à-dire une poursuite des relations après le décès. Avant de revenir sur deux études récentes qui précisent la phénoménologie de ces vécus, nous proposerons une synthèse de la littérature à propos du deuil de l’animal, tant au niveau de la psychopathologie que de son accompagnement. Nous insisterons sur l’idée de Doka pour qui ce deuil n’est pas reconnu socialement et dont la clinique répond à des normes sur les manières de vivre la perte. Enfin, nous ouvrirons la réflexion sur l’appropriation subjective de ces vécus à partir de la “communication animale”.

Résumé du colloque

Comment les liens continus entre les personnes endeuillées, adultes et enfants, et leurs défunts influencent-ils leur processus de deuil et leur qualité de vie, et dans quelle mesure la reconnaissance ou la stigmatisation de ces expériences affecte-t-elle les pratiques d’accompagnement, les politiques publiques et les interventions cliniques?

Le deuil, loin d’être une simple rupture, est souvent caractérisé par la persistance d’une relation émotionnelle, symbolique ou spirituelle, avec les défunts, que l’on qualifie de « liens continus » (ou « continuing bonds »). Contrairement à une approche traditionnelle du deuil qui prônait la nécessité de couper les liens avec le disparu pour permettre une adaptation « saine », ces liens apparaissent de plus en plus comme des éléments essentiels du processus de deuil. Cependant, leur reconnaissance dans les pratiques cliniques, les politiques publiques et le soutien psychosocial reste incomplète, particulièrement dans les contextes où ces liens sont stigmatisés ou perçus comme des manifestations de dysfonctionnement psychologique.

Cette problématique est particulièrement importante dans une perspective intergénérationnelle. Les adultes et les enfants endeuillés vivent et expriment ces liens de manière différente, les enfants étant souvent ignorés dans les discussions sur la mort et le deuil. Pour les enfants, les liens continus peuvent se manifester par des jeux imaginaires ou des interactions – symboliques ou pas – avec les défunts, souvent mal compris ou minimisés par les adultes. Quant aux adultes, la persistance de ces liens peut prendre des formes variées, telles que le maintien de souvenirs (physiques ou mentaux), des rituels ou des conversations avec le défunt, qui peuvent soit apaiser soit compliquer leur processus de deuil.

Contexte

section icon Date : 7 mai 2025

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