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Alice Semnoun : Université Laval
La gouvernance des ressources fauniques représente un défi majeur au Québec. Depuis les années 1970, un « réveil » autochtone a mené à la reconnaissance de droits de gestion et de prélèvement faunique sur le territoire ancestral revendiqué par ces communautés. Parallèlement, le gouvernement provincial œuvre pour démocratiser l’accès à ces ressources pour tous les Québécois. Dans cette optique, les zones d’exploitation contrôlée (ZEC) ont été créées en 1978. Gérées par des communautés locales de chasseurs et de pêcheurs sportifs, ces zones rurales visent la mise en valeur d’espèces socio-économiques.
Les droits concurrents de ces deux groupes autour de la gouvernance de ces biens communs imposent une cohabitation et un partage souvent conflictuels. Ces enjeux viennent s’ajouter à la gestion complexe de ressources naturelles imbriquées dans des systèmes socio-écologiques dynamiques. Face à ces défis en constante évolution, des gestionnaires ont développé des approches collaboratives innovantes, adaptées à leurs besoins et spécificités territoriales.
À partir d’une étude visant à rendre compte de la diversité de ces approches grâce à l’analyse de quatre cas et d’un modèle de cogestion, cette communication propose une classification des approches de gestion conjointe des ressources fauniques développées entre les zecs et les Premières Nations. Cette dernière identifie quatre stades collaboratifs, soit : la cohabitation, la coopération, la collaboration et la cogestion.
Les territoires ruraux sont définis comme des espaces géographiques vastes avec une faible densité de population et d’éléments bâtis, une forte présence de la nature, un rapport intime à celle-ci, et un sentiment d’appartenance à la communauté (Lacasse, 2022). Ils se transforment sous l’effet de nombreux facteurs environnementaux, économiques, démographiques, sociaux et culturels, et sont souvent aux premières lignes du dérèglement climatique. Le colloque sera un espace d’échange et de réflexion sur les bouleversements vécus par les communautés rurales. Précisément, il s’attarde au rôle des approches collaboratives (ex. : Living Labs, recherche-action, tiers lieux, partenariats intersectoriels, forums citoyens) pour gérer les défis posés par les transitions en milieu rural (ex. : exode des jeunes, accès aux services, adaptation aux changements climatiques, reconfiguration industrielle). Ces approches offrent un potentiel d’accompagnement des transitions en milieu rural, suscitant une réflexion approfondie sur les modalités de la recherche et des interventions en matière d’éthique, de temporalité et de gouvernance des projets collaboratifs, autant de thématiques pouvant être abordées dans ce colloque.
En effet, les transitions socioécologiques complexifient les enjeux auxquels les communautés rurales sont confrontées, des communautés présentant déjà des profils hétérogènes nécessitant des méthodes d’intervention et de recherche flexibles et adaptables. Les approches collaboratives peuvent appuyer les transitions dans les territoires ruraux en mobilisant divers savoirs (notamment locaux, expérientiels et scientifiques) tout en intégrant les spécificités territoriales. Le colloque pose plusieurs questions : Quels sont les défis contemporains des territoires et des communautés rurales face aux transitions sociales et écologiques? Quelle est l’utilité des pratiques collaboratives pour accompagner les transitions rurales? Quels types de solutions émergent des pratiques collaboratives pour appuyer ces transitions?
Le colloque se déroule sur plusieurs journées, incluant des communications individuelles, panels et un atelier. Nous aurons aussi la présence des représentant·es des centres de recherche francophones sur la ruralité tels que le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT, interuniversitaire), le Centre de recherche sur la ruralité (CR2) de l’Université de Moncton, le Centre Ruralités durables (INRS), desquels font partie les coresponsables du colloque. Notre appel à communication cible chercheur·ses, étudiant·es et praticien·nes dans la perspective d’encourager les échanges entre le monde professionnel, les expert·es chevronné·es et les chercheur·ses en émergence.
Titre du colloque :