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Melanie Dutemple : UQO - Université du Québec en Outaouais
L’apprentissage de l’orthographe lexicale représente un défi majeur pour de nombreux élèves en difficulté, notamment lorsque les mots contiennent des inconsistances phonographémiques. Le fait qu’un même phonème puisse être représenté par plusieurs graphèmes complexifie l’acquisition orthographique (Daigle et al., 2013; Fayol et Jaffré, 2008; Pacton et al., 2005) et peut donner aux élèves l’impression que l’orthographe est imprévisible. Or, cette perception peut réduire leur sentiment d’auto-efficacité.
Toutefois, certaines approches permettent d’atténuer ces difficultés et de renforcer la confiance des élèves dans leurs compétences orthographiques. Les études montrent que l’automatisation des règles associées aux inconsistances phonographémiques réduit leur charge cognitive et libère des ressources attentionnelles pour la production écrite (Labrecque, 2011; Treiman et al., 2019). Des résultats de recherche récents sur l’acquisition du phonème multigraphémique /ɛ̃/ chez des élèves de 3e année du primaire (Dutemple, 2023) mettent en lumière des stratégies efficaces pour faciliter l’apprentissage des inconsistances phonographémiques. Il ressort, entre autres, que les élèves en difficulté orthographient mieux ces graphèmes lorsqu’ils sont fortement consistants, dérivables et intégrés à des mots courts.
Cette conférence explorera l’impact de ces facteurs linguistiques sur l’auto-efficacité en orthographe et discutera des implications pédagogiques de ces nouvelles découvertes.
La maîtrise de l’orthographe demeure difficile pour bon nombre d’élèves du primaire et du secondaire. Les erreurs d’orthographe figurent, par ailleurs, parmi les plus nombreuses dans les productions des élèves (Boivin et Pinsonneault, 2018). En milieu scolaire, le temps imparti à l’enseignement-apprentissage de l’orthographe est considérable. Si l’écriture ne se réduit évidemment pas à l’orthographe, des difficultés dans ce domaine peuvent toutefois nuire à la fluidité de l’écriture et, plus largement, aux autres sphères du processus d’écriture. En effet, puisque plusieurs processus cognitifs sont impliqués dans l’acte d’écrire, certains doivent être automatisés, notamment l’orthographe, pour que le scripteur puisse se concentrer sur d’autres processus « de plus haut niveau », comme l’élaboration des idées (Hayes et Flower, 1980; Labrecque, 2011; Treiman et coll., 2019). En outre, les élèves en difficulté en orthographe se retrouvent souvent en insécurité linguistique puisque l’orthographe est hautement valorisée dans la société (Sautot, 2001). Le « bon texte » est souvent vu comme un texte dépourvu d’erreurs orthographiques. Les élèves en difficulté en orthographe, dans une vaine tentative d’éviter les erreurs, vont alors écrire des textes simples, très courts (Astolfi, 2014). Or, en écrivant peu, ces élèves ne peuvent améliorer leur compétence orthographique. Il devient donc prioritaire de les aider à développer leur performance orthographique, tant lexicale que grammaticale. Comment aider les élèves en difficulté à améliorer leur performance orthographique? Comment les évaluer de façon optimale pour guider les interventions? Ce colloque vise à créer un espace de réflexion concernant les pratiques évaluatives et remédiatives auprès des élèves en difficulté en orthographe. En abordant cette thématique, nous pourrons mieux orienter les actions présentes ou futures, en pratique comme en recherche.
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