pen icon Colloque
quote

Défis et stratégies d’adaptation des musicien·nes immigrant·es à la culture organisationnelle du milieu artistique québécois

CM

Membre a labase

Caroline Marcoux-Gendron : Université de Montréal

Résumé de la communication

Les questions de précarité au sein du secteur culturel ont ressurgi avec force dans la foulée des mobilisations récentes entourant le financement de la culture au Québec. Les formes de vulnérabilité et de marginalisation en cause sont par ailleurs variées, et celles que connaissent les artistes immigrant·es sont marquées et complexes (Hill Stratégies 2020). De fait, ces dernier·ères rencontrent des difficultés relevant de nombreux facteurs, incluant souvent le peu de familiarité avec les logiques gestionnaires et les rouages administratifs du milieu québécois. Cet enjeu, qui peut s’avérer de taille dans le quotidien d’un·e artiste, n’a toutefois pas fait l’objet de beaucoup d’études à ce jour.

Cette communication s’attardera aux défis et stratégies d’adaptation de musicien·nes immigrant·es à la culture organisationnelle du milieu artistique québécois. En nous appuyant sur les résultats d’un sondage non probabiliste volontaire auprès de musicien·nes (n = 77) et de professionnel·les qui les côtoient (n = 37), ainsi que sur une recension des ressources pouvant soutenir ces artistes sur le plan socioprofessionnel au Québec, nous discuterons de leurs défis dans la gestion et l’organisation de leur travail artistique. Nous nous pencherons sur les mobilités statutaires découlant de la migration et qui entravent l’accès à certaines ressources, ainsi que sur les décalages pouvant s’affirmer entre socialisations professionnelles pré- et postmigratoires. Ce faisant, nous relèverons des facteurs qui contribuent au développement de stratégies d’auto-gestion et d’auto-production, lesquelles peuvent pallier des difficultés, mais aussi maintenir ces musicien·nes à la marge des réseaux institutionnalisés.

Résumé du colloque

Les collectifs d’artistes constituent des entités dont l’action participe de manière importante à la vitalité culturelle d’une société. Les compagnies de théâtre ou de danse, les groupes musicaux autoproduits, les centres d’artistes autogérés, les maisons d’édition dirigées par des écrivains, pour ne donner que ces exemples, forment une constellation abondante et dynamique de la production artistique, au Québec comme ailleurs.

Or, ces organisations, souvent de taille modeste et caractérisées par une orientation résolument artistique – une logique de la création –, s’avèrent vulnérables et souvent marginalisées dans l’univers de la consommation culturelle, où d’autres logiques – commerciales, managériales, etc. – leur font face. En effet, ces collectifs de production artistiques rencontrent plusieurs défis afin de pérenniser et de soutenir leurs activités de création, parmi lesquels les décalages entre les logiques gestionnaires et artistiques, les injonctions administratives des subventionnaires ou les enjeux de la diffusion devant public. Quelles sont les tensions et les stratégies d’adaptation qui animent actuellement ces organisations?

Au Québec, le financement de la production culturelle est assuré en grande proportion par les subventions publiques. Dans les dernières années, et peut-être d’autant plus dans la foulée du renouvellement de la Loi sur le statut professionnel des artistes, les requêtes adressées aux collectifs d’artistes par les organismes subventionnaires ont impulsé de nouvelles pratiques administratives et ont potentiellement conduit à plusieurs transformations dans la culture de ces organismes. Que dit la réalité du terrain? Qu’en est-il hors du Québec?

Considérant également que les travailleurs, artistes et autres, de ces organisations assument les contrecoups de la précarité, de la fluidité ou de la vulnérabilité de leurs structures d’intégration professionnelle, ce colloque souhaite également interroger les réelles conditions de travail dans les secteurs de la production culturelle et artistique, explorant du même souffle les conséquences de ces conditions sur la production elle-même.

Ces enjeux, loin de concerner une portion marginale de la production de richesse sociale, ont un impact sur le rayonnement de la culture, sur l’éducation culturelle en général et sur l’état du dialogue social, influencé et nourri par la création de toutes les disciplines.

Tout en interrogeant les spécificités locales des dynamiques culturelles québécoises et canadiennes actuelles, le colloque demeure ouvert aux communications d’ici et d’ailleurs qui abordent les enjeux plus généraux soulevés par les collectifs d’artistes à l’échelle internationale et dans la longue durée.

Contexte

section icon Date : 7 mai 2025

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :