Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Eléonore Wallut : Université Paris Cité
Contexte : Le deuil parental à l’adolescence peut provoquer des réactions négatives et prolongées chez les endeuillés, ce qui pourrait être modéré par la mise en place individuelle et partagée de processus de continuation des liens chez chaque membre de la famille. L’objectif de cette étude qualitative transversale est d’explorer la manière dont les adolescents endeuillés conservent des liens avec leur parent décédé, l’expression et la perception de ces attitudes au sein de la famille. Méthode : Les participants ont été recrutés via les réseaux sociaux et ont participé à des entretiens semi-directifs soumis à une analyse thématique inductive de contenu. Résultats : Les participants (4 femmes et 2 hommes) étaient âgés de 20 à 24 ans et avaient perdu un père entre 12 et 18 ans. Quatre thèmes principaux ont été définis : l’importance du contexte individuel et familial entourant la mort, la transformation des liens avec leur père décédé, les difficultés importantes de communication avec l’entourage excepté pour partager des anecdotes sur le défunt et discuter avec des pairs endeuillés, le sentiment d’évolution personnelle et émotionnelle. Conclusion : Les adolescents endeuillés rapportent des difficultés à partager leur expérience de deuil liées à un besoin de s’ajuster aux demandes familiales perçues. L’utilisation de ressources narratives en famille pourrait permettre aux adolescents de développer des processus de deuil significatifs et validés par leurs proches endeuillés.
Comment les liens continus entre les personnes endeuillées, adultes et enfants, et leurs défunts influencent-ils leur processus de deuil et leur qualité de vie, et dans quelle mesure la reconnaissance ou la stigmatisation de ces expériences affecte-t-elle les pratiques d’accompagnement, les politiques publiques et les interventions cliniques?
Le deuil, loin d’être une simple rupture, est souvent caractérisé par la persistance d’une relation émotionnelle, symbolique ou spirituelle, avec les défunts, que l’on qualifie de « liens continus » (ou « continuing bonds »). Contrairement à une approche traditionnelle du deuil qui prônait la nécessité de couper les liens avec le disparu pour permettre une adaptation « saine », ces liens apparaissent de plus en plus comme des éléments essentiels du processus de deuil. Cependant, leur reconnaissance dans les pratiques cliniques, les politiques publiques et le soutien psychosocial reste incomplète, particulièrement dans les contextes où ces liens sont stigmatisés ou perçus comme des manifestations de dysfonctionnement psychologique.
Cette problématique est particulièrement importante dans une perspective intergénérationnelle. Les adultes et les enfants endeuillés vivent et expriment ces liens de manière différente, les enfants étant souvent ignorés dans les discussions sur la mort et le deuil. Pour les enfants, les liens continus peuvent se manifester par des jeux imaginaires ou des interactions – symboliques ou pas – avec les défunts, souvent mal compris ou minimisés par les adultes. Quant aux adultes, la persistance de ces liens peut prendre des formes variées, telles que le maintien de souvenirs (physiques ou mentaux), des rituels ou des conversations avec le défunt, qui peuvent soit apaiser soit compliquer leur processus de deuil.
Titre du colloque :
Thème du colloque :