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Appoline Haquet : Aix-Marseille Université
Le marché de l’art contemporain à Marseille se distingue de celui de Paris par une faible présence des galeries privées dans le champ de l’art contemporain contrairement aux galeries associatives subventionnées par le secteur public (ministère, région, département, ville).
Dans ce contexte, une formation professionnalisante d’un an en partenariat avec une école publique d’art permet aux artistes sélectionnés de s’insérer dans un réseau élaboré par les formateurs au fil des années. Celui-ci regroupe principalement des associations mais aussi d’autres institutions publiques (écoles, centres de détention…).
Cette communication s’intéresse à la posture ambiguë de l’artiste intervenant, les questionnements qu’il traverse et le conduit à orienter son choix professionnel en fonction d’un spectre de son rapport à la participation allant d’un premier pôle où les pratiques participatives sont au cœur de la pratique artistique à un second pôle où elles sont vécues comme une activité secondaire. Un troisième pôle intermédiaire offre une plus grande flexibilité qui amène l’artiste à investir de façon confortable à la fois le champ de l’art contemporain et les différentes institutions dans lequel il évolue au cours de sa trajectoire professionnelle.
Ces expériences se déploie dans un processus de professionnalisation collective qui marque la carrière individuelle de l’individu et oriente les futurs secteurs que l’artiste choisit d’investir professionnellement.
Cette communication est pensée en commun entre une doctorante en sociologie travaillant sur les carrières d’artistes visuels depuis 2023 et un artiste actuellement engagé dans cette formation. A travers des observations participantes à la formation et aux ateliers, d’entretiens réalisés avec des artistes et des intermédiaires de l’art contemporain à Marseille (professeurs, galeristes), mais aussi une étude des archives de la formation.
Les collectifs d’artistes constituent des entités dont l’action participe de manière importante à la vitalité culturelle d’une société. Les compagnies de théâtre ou de danse, les groupes musicaux autoproduits, les centres d’artistes autogérés, les maisons d’édition dirigées par des écrivains, pour ne donner que ces exemples, forment une constellation abondante et dynamique de la production artistique, au Québec comme ailleurs.
Or, ces organisations, souvent de taille modeste et caractérisées par une orientation résolument artistique – une logique de la création –, s’avèrent vulnérables et souvent marginalisées dans l’univers de la consommation culturelle, où d’autres logiques – commerciales, managériales, etc. – leur font face. En effet, ces collectifs de production artistiques rencontrent plusieurs défis afin de pérenniser et de soutenir leurs activités de création, parmi lesquels les décalages entre les logiques gestionnaires et artistiques, les injonctions administratives des subventionnaires ou les enjeux de la diffusion devant public. Quelles sont les tensions et les stratégies d’adaptation qui animent actuellement ces organisations?
Au Québec, le financement de la production culturelle est assuré en grande proportion par les subventions publiques. Dans les dernières années, et peut-être d’autant plus dans la foulée du renouvellement de la Loi sur le statut professionnel des artistes, les requêtes adressées aux collectifs d’artistes par les organismes subventionnaires ont impulsé de nouvelles pratiques administratives et ont potentiellement conduit à plusieurs transformations dans la culture de ces organismes. Que dit la réalité du terrain? Qu’en est-il hors du Québec?
Considérant également que les travailleurs, artistes et autres, de ces organisations assument les contrecoups de la précarité, de la fluidité ou de la vulnérabilité de leurs structures d’intégration professionnelle, ce colloque souhaite également interroger les réelles conditions de travail dans les secteurs de la production culturelle et artistique, explorant du même souffle les conséquences de ces conditions sur la production elle-même.
Ces enjeux, loin de concerner une portion marginale de la production de richesse sociale, ont un impact sur le rayonnement de la culture, sur l’éducation culturelle en général et sur l’état du dialogue social, influencé et nourri par la création de toutes les disciplines.
Tout en interrogeant les spécificités locales des dynamiques culturelles québécoises et canadiennes actuelles, le colloque demeure ouvert aux communications d’ici et d’ailleurs qui abordent les enjeux plus généraux soulevés par les collectifs d’artistes à l’échelle internationale et dans la longue durée.
Titre du colloque :