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Bianca Nugent : Université d'Ottawa
Les réalités sociales de l’autisme à l’âge adulte au sein des communautés francophones en situation minoritaire (CFSM) ainsi que les facettes identitaires neurodivergentes et intersectionnelles des personnes autistes francophones sont méconnues en recherche francominoritaire (Nugent 2016 ; 2018). Au prisme des épistémès issues de l’autisme critique (O’Dell & al., 2016 ; Davidson & Orsini, al., 2013) et de l’intersectionnalité (Nash, 2017 ; Hill-Collins et Bilge, 2016 ; McCall, 2015), notre recherche doctorale communautaire et inclusive menée — avec et pour les adultes autistes francophones — vise à pallier ce vacuum. Récoltés au sein de huit (8) questionnaires d’autoentrevue adaptés et de quatre (4) entretiens semi-dirigés, les savoirs par expériences des douze (12) adultes autistes nous éclairent sur leurs besoins, leurs attentes et les barrières qui jonchent leurs trajectoires d’accès à un continuum d’offre active de services sociaux, communautaires et de santé de qualité en français. Présenté de manière iconographique et imagée par un collaborateur illustrateur autiste — Corentin Hunter, notre affiche cartographie présente les données préliminaires recensées. Leurs perspectives croisées font émerger une typologie d’inégalités sociales complexes (Hill-Collins, 2015) que nous nommons la « surminorisation autistique en contexte linguistique minoritaire » pour (re) penser la pratique du travail social et les politiques publiques en contexte linguistique minoritaire.
Historiquement, la déficience intellectuelle (DI) et l’autisme ont été appréhendés comme des pathologies nécessitant des interventions curatives centrées sur la personne. Les concepts de normalisation, de valorisation des rôles sociaux et d’inclusion sont représentatifs d’un mouvement qui rend compte de l’évolution des mentalités misant désormais sur des pratiques inclusives. À l’instar de Bronfenbrenner (1979) soutenant que le développement d’une personne doit être considéré en interaction avec un système environnemental complexe, les personnes avec une DI ou autistes sont considérées au sein de leurs divers milieux de vie, tant leurs systèmes proximaux (garderie, famille, école, travail, etc.) que distaux (municipalité, réseaux de la santé, politiques, etc.).
Le thème central de ce colloque explore l’impact de ces systèmes sur le développement des personnes avec une DI ou autistes. L’objectif est d’exposer les données récentes sur les contextes dans lesquels ces personnes évoluent et leur influence sur le bien-être, l’inclusion sociale et la capacité de la personne à s’épanouir. Ces environnements, lorsqu’ils sont adaptés et bienveillants, jouent un rôle fondamental dans le développement des individus. À l’inverse, des environnements mal ajustés ou non inclusifs peuvent exacerber les difficultés rencontrées, freinant leur progression et créant des obstacles à l’autonomie. Ce colloque met l’accent sur la manière dont les différents systèmes entourant les personnes avec une DI ou autistes peuvent collaborer pour assurer un soutien harmonieux et cohérent. Il s’agit d’examiner comment chaque environnement peut être aménagé pour mieux répondre aux besoins spécifiques de ces personnes. Les échanges réuniront chercheurs, étudiants, professionnels et membres de la communauté dans le but d’identifier les meilleures pratiques pour construire des environnements de vie où chacun peut s’épanouir pleinement, tout en respectant la diversité des parcours individuels.
Titre du colloque :