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La comptabilité à mission® : un outil pour évaluer les efforts fournis par les entreprises pour un monde meilleur

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Serigne Diop : Université Assane Seck de Ziguinchor

Résumé de la communication

Le temps où la comptabilité devait juste servir de base objective dans la relation d’agence entre actionnaires et dirigeants est révolu. L’entreprise évolue désormais dans une situation d’agence protéiforme. Ce qui place la comptabilité dans une position privilégiée de source d’information commune à toutes les parties prenantes, et d’une manière plus générale, à toutes les parties intéressées. Ainsi, apparait une nécessaire dynamique évolutive de la comptabilité financière.

Après l’apparition, dans les années 1990-2000, d’une comptabilité qualifiée de verte, de nos jours, les nouvelles préoccupations sociales et surtout sociétales des parties intéressées de l’entreprises nous amènent à théoriser et à vulgariser une nouvelle forme de comptabilité plus inclusive : une comptabilité à mission pour mieux évaluer et suivre les efforts fournis par les entreprises afin de sauver la planète.

Pour mieux asseoir les fondements théoriques de la comptabilité à mission, un cadre théorique formé de la théorie de l’agence et son évolution vers une agence protéiforme et de la théorie de la dépendance envers les ressources (Pfeffer et Salancik, 1978) a été mobilisé.

Résumé du colloque

Depuis la publication du rapport Brundtland en 1987, le discours autour du développement durable a connu une diffusion et une influence sans précédent grâce à sa grande plasticité conceptuelle. Dès 1995, des chercheurs recensaient déjà plus de 70 définitions concurrentes de la notion (Kirby et al., 1995), tout à la fois paradigme et concept multidimensionnel, cadre de référence consensuel et… slogan à la mode (Schojan et al., 2023).

Le développement durable constitue donc à son degré zéro un discours puissant. De 2003 à 2023, le nombre d’articles scientifiques qui incluent le mot-clé « sustainable development » a connu une augmentation cumulative de 1300 % (Scopus, 2024). De la même manière, le nombre d’entreprises de l’indice S&P 500 ayant publié un rapport de développement durable approchait le 100 % en 2022 (GA Institute, 2022), une augmentation de 25 % en 10 ans. Il n’est donc pas imprudent de dire que le discours sur le développement durable a marqué les esprits dans les sphères politico-institutionnelle, scientifique et économique. A-t-il cependant sensiblement modifié les pratiques?

À ce sujet, le Global Sustainable Development Report 2023 publié par l’ONU est sans appel : le monde est sur la mauvaise voie (off track), avec des progrès notables dans seulement 2 des 17 objectifs de développement durable (ODD) et, pis encore, une détérioration de la trajectoire pour la grande majorité d’entre eux. Pourquoi cet échec du développement durable? Les raisons sont multiples et documentées, mais force est de constater que l’analyse critique des pratiques des acteurs organisationnels a jusqu’ici largement fait défaut (Bansal et Song, 2017).

L’une des avenues de recherche prometteuses émane de l’appel lancé par l’ONU en faveur des Principes pour l’éducation à la gestion responsable (PRME). Les principes incorporent un appel à intensifier la recherche afin de mieux comprendre « le rôle, la dynamique et l’impact des entreprises dans la création de valeur sociale, économique et environnementale durable ». L’intérêt majeur de ce champ de recherche en émergence réside dans le déplacement du point focal de l’analyse : déplacement de la sphère du discours vers la sphère des pratiques organisationnelles concrètes, de la justification (« pourquoi? ») à l’action (« comment? »), bref le passage de la parole aux actes.

Ce colloque vise à capitaliser sur les nouvelles avenues de recherche ouvertes par cette approche avec l’objectif d’offrir des perspectives de recherche croisées sur les pratiques de gestion responsable. En ce sens, le colloque s’inscrit en réponse à l’appel à l’action et à la mobilisation des sciences de la gestion pour répondre aux grands défis de société (grand challenges) lancé par le comité éditorial de l’Academy of Management Journal (George et al., 2016).

Contexte

section icon Date : 7 mai 2025

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