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Vincent Martin-Schreiber : Université d'Ottawa
La “révolution causale” en sciences des données promet de transformer notre capacité à comprendre les relations causales complexes dans divers domaines. Cette présentation examine les rôles complémentaires des humains et des machines dans la modélisation causale, en prenant pour exemple la recherche sur le trouble de la personnalité limite.
Nous analysons d’abord les limites des approches purement automatisées de découverte causale, particulièrement en présence de données manquantes ou partielles. Nous montrons ensuite comment les modèles théoriques issus des sciences sociales et de la santé peuvent servir de “priors” informatifs pour guider la construction de modèles causaux. En particulier, nous explorons l’utilisation du modèle écosocial de Krieger comme cadre théorique initial.
Nous proposons une approche hybride qui combine systématiquement trois éléments : les modèles théoriques existants, l’expertise clinique, et les méthodes de découverte automatisée. Cette approche permet d’exploiter les forces complémentaires des humains (connaissance du contexte, jugement clinique) et des machines (traitement de grandes quantités de données, identification de motifs).
Cette réflexion s’inscrit dans une perspective plus large sur l’automatisation en santé mentale, où la complémentarité homme-machine apparaît comme une piste à approfondir.
L’automatisation consiste à utiliser des machines pour effectuer des tâches que les humains soit ne veulent pas faire, par exemple lorsque les tâches sont monotones, répétitives, de longue durée ou dangereuses, ou ne peuvent pas faire, par exemple lorsque les tâches sont effectuées dans des conditions trop difficiles ou dans des endroits difficilement accessibles.
Dans l’automatisation avancée, les machines sont dotées de capacités de traitement avancées, par exemple des programmes dits d’intelligence artificielle. Les tâches effectuées peuvent alors s’apparenter à la perception et à la cognition humaines, par exemple la vision, l’audition, le toucher, le raisonnement et l’expression orale, écrite ou artistique.
Pour que les humains aient confiance en ces machines, ils doivent les concevoir et les développer de façon à pouvoir définir leur champ d’action et anticiper, comprendre et expliquer leur comportement dans les différentes situations où elles seront utilisées.
Dans ce cadre, la question qui se pose est de savoir quelle est la meilleure façon de répartir les rôles entre les humains et les machines, non seulement dans la réalisation des tâches mais surtout dans la conception et le développement des machines.
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