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La vérification des faits : Usage de la « VAR » dans un contexte de défiances politique et médiatique

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Sokhna Fatou Seck Sarr : Université Gaston-Berger

Résumé de la communication

«Si la VAR (Vidéo Assistant Referees en anglais) a été créée pour régler définitivement les erreurs d’arbitrage dans le football…Si les médias rechignent à déconstruire les déclarations…,les populations, elles, veillent au grain.. (Sud quotidien, 24 octobre 2024). Se pose alors la question à savoir comment la VAR est mobilisée, dans un contexte exacerbé par la défiance politique et médiatique.

L’étude postule que la VAR s’inscrit dans le registre des « petites phrases » de la stratégie politique, mais aussi dans les pratiques de vérification des faits initiées par des pro-amateurs. Le corpus constitué de VAR interpellent des personnalités politiques ou médiatiques qui ont tenu des déclarations contradictoires: Macky Sall et Ousmane Sonko, ou encore de « transhumants » rattrapés par leurs propos : Aissata Tall Sall, et Idrissa Seck et de journalistes devenus des chroniqueurs partisans : Yerim Seck et Bougane Gueye Dany. Les VAR les plus virales en période pré et post-électorale en particulier sur You Tube sont mobilisées dans ce corpus.

Les résultats démontrent que les auteurs de ces VAR sont des militant.es influenceurs dotés de compétences médiatiques. La VAR sert certes a vérifier les propos des hommes politiques mais donne lieu à des polémiques notamment dès que le contexte « s’effondre». In fine, les VAR sont des objets ambivalents, elles déprécient la réputation des acteurs politiques et peuvent servir de cadre de redevabilité politique.

Résumé du colloque

Au cours des dernières décennies, l’Afrique subsaharienne a enregistré la plus forte progression mondiale en matière de pénétration d’Internet, passant de moins de 1 % de personnes connectées en 2000 à 40 % en 2022. Pour la majorité des Africain·es, l’accès à Internet se fait avec les téléphones intelligents, utilisés par 63 % d’entre eux.

L’essor du numérique en Afrique a des implications politiques majeures. Il transforme notamment les conditions d’exercice de l’action politique et publique en offrant de nombreuses opportunités aux acteurs politiques ainsi qu’à ceux de la société civile. Dans des environnements politiques marqués par des problèmes de gouvernance et de légitimité, l’avènement du numérique a en effet transformé l’engagement politique et citoyen, devenant un levier de mobilisation. Les citoyen·nes s’en servent de plus en plus pour exprimer leurs opinions, organiser et coordonner les mouvements de contestation ou de soutien à un pouvoir ou à une cause, ou encore pour faire de la vérification des faits (fact checking), mettant souvent les gouvernements devant leurs contradictions et leurs insuffisances. Parallèlement, les diasporas africaines affichent une volonté croissante de s’impliquer dans la vie politique de leur pays d’origine. Elles deviennent ainsi, par le biais des médias sociaux, les porte-voix des revendications nationales et panafricaines.

Face aux oppositions et aux contestations citoyennes, particulièrement dans des contextes autoritaires, certains gouvernements restreignent l’accès à Internet et surveillent les communications en ligne à l’aide de logiciels de surveillance sophistiqués. D’autres exploitent ces technologies pour manipuler l’opinion publique ou pour s’en prendre à la société civile, particulièrement présente dans les espaces numériques et vulnérable aux enjeux de sécurisation des données ainsi qu’à diverses formes d’attaques.

Dans ce contexte, l’objectif de ce colloque est d’explorer les opportunités, mais aussi les risques engendrés par l’essor du numérique pour l’action politique des sociétés civiles africaines, à l’échelle nationale mais aussi internationale.

Contexte

section icon Date : 7 mai 2025

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