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L’âge dans le système de justice pénale au Québec : réflexions autour du traitement pénal pendant la transition vers l’âge adulte

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Marie Dumollard : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans les dernières années au Québec, la transition vers l’âge adulte des jeunes en situation de vulnérabilité a fait l’objet d’une attention politico-médiatique accrue, notamment pour a protection de la jeunesse. Bien que majoritaires parmi la population pénale, les 16-29 ans dans le système pénal (SJ) ne suscitent pas une telle attention. Pourtant, pendant l’âge de la jeunesse, les jeunes judiciarisé·e·s rencontrent divers défis biographiques liés à la transition vers l’âge adulte. Par ailleurs, l’âge structure le SJ, notamment avec la majorité pénale : dès 18 ans, les jeunes sont considéré·e·s comme adultes malgré l’allongement de la jeunesse au-delà de cet âge. Ils et elles sont suivi·e·s dans le SJ pour adultes, plus punitif que le SJ des mineur·e·s et où l’âge ne module plus le traitement pénal. Cette communication vise alors à comprendre comment le SJ adresse la situation complexe des jeunes en transition vers l’âge adulte, et ce que cela produit en termes de traitement pénal de l’âge de la jeunesse. À partir d’une étude de la portée (scoping review), elle mettra en regard l’organisation du SJ au Québec avec les débats internationaux sur le seuil de la majorité pénale. En présentant trois adaptations du SJ préconisées pour considérer la transition vers l’âge adulte, elle montrera que les discussions sur l’âge et la majorité pénale, peu présentes au Québec, s’inscrivent surtout dans une visée de gestion des risques et alimentent des rapports sociaux d’âge particuliers.

Résumé du colloque

Le modèle socioéconomique du cycle de vie classique est composé de trois âges de la vie (jeunesse, âge adulte et vieillesse) où chaque période est traditionnellement associée à une activité donnée. La jeunesse serait le temps de la formation, l’âge adulte celui de l’activité professionnelle, et la vieillesse celui de la retraite. Les politiques publiques et les normes sociales travaillaient alors de concert pour consolider cette conception ternaire et linéaire des parcours de vie. Cette conception est aujourd’hui en mutation sous l’influence de différentes pressions démographiques, sociales et économiques. Par exemple, la récente crainte à l’égard des pénuries de main-d’œuvre au Québec a mené à l’apparition de débats sur le travail des jeunes et sur le prolongement de la vie active des aînés, tout autant que des interventions gouvernementales visant à encourager ces dynamiques.

Au début des années 2000, le gouvernement québécois s’est en effet distingué par la mise en place de deux politiques encadrant son action : la première auprès de la « jeunesse », avec la Politique québécoise de la jeunesse, et la deuxième en modifiant son approche envers les personnes âgées par la mise en place d’une politique de vieillissement actif.

Ce colloque vise donc à analyser la manière dont le contexte du Québec permet d’interroger cette approche du modèle socioéconomique des cycles de vie.

Contexte

section icon Date : 7 mai 2025

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