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Élisabeth Arsenault : Université Laval
À partir d’une recherche portant sur les trajectoires de vie de locataires de logement social au Québec et d’un séminaire axé sur les enjeux de l’assistance, je me suis intéressée aux effets des programmes de logement social sur les violences et inégalités de genre (VIG). Comment ces programmes entrent-ils en relation avec les multiples axes d’inégalités qui s’enchevêtrent dans la vie des femmes bénéficiaires? S’appuyant sur une analyse intersectionnelle et du continuum de violence (Kelly 1989) tout en interrogeant le dilemme redistribution/reconnaissance de Fraser (2011), ma présentation vise à mettre en lumière comment les VIG qui mènent majoritairement les femmes à demander et obtenir un logement social se prolongent au-delà de l'obtention de celui-ci. Cinq récits de vie coconstruits avec des femmes locataires ont été sélectionnés et analysés pour cerner les contextes et les VIG ayant mené ces femmes en situation de pauvreté et d’instabilité résidentielle, puis saisir dans le temps court et long l’influence du logement social, selon qu’il s’agisse d’un HLM ou d’un PSL privé. En me concentrant sur quatre périodes décisives de leur vie, transversales par effet d’intersectionnalité, je montre comment ces programmes transforment la texture de l’expérience des VIG en raison d’une négligence des besoins genrés changeants et d’une valorisation de logiques néolibérales et patriarcales qui limitent l’émancipation des locataires et alimentent un cercle vicieux de vulnérabilités.
Les violences faites aux filles et aux femmes (VFFF), notamment les violences à caractère sexuel (VACS), constituent un problème social et de santé publique majeur. Beaucoup d’efforts ont été faits pour les dénoncer et tenter de les éradiquer, donnant lieu à une panoplie d’initiatives de sensibilisation, d’intervention, de politiques publiques et d’instances comme les tribunaux spécialisés en matière de violences sexuelles et conjugales. En dépit d’avancées notables, les manifestations de VFFF, dont les VACS, subsistent. De même, si des avancées notables sont observées dans l’articulation entre la recherche, l’offre de services appuyée sur ses résultats et les formes de mobilisation de connaissances qui en découlent, notamment avec le développement de recherches appliquées de type recherche-action, recherche partenariale, recherche-création, il reste beaucoup à faire.
C’est ici qu’interviennent le Collectif de recherches et d’actions SAS-Femmes et la Chaire de recherche du Canada – Violence sexuelle, prévention, intervention (CRC-VSPI), qui accordent la priorité à la collaboration entre les univers de la recherche et de la pratique, en travaillant étroitement avec celles et ceux directement touchés par différentes formes de violence, en vue de développer des recherches et des actions contribuant à assurer la sécurité, l’autonomie et la santé des filles et des femmes. Nos recherches sont menées en partenariat avec les milieux d’intervention, permettant de décloisonner les savoirs et de générer des productions théoriques, empiriques et pratiques proches des réalités des personnes concernées.
Ce colloque s’inscrit dans la programmation respective de SAS-Femmes et de la CRC-VSPI. Il rassemblera des personnes chercheuses, étudiantes, intervenantes, militantes féministes et expertes de vécu en vue de faire circuler et dialoguer les connaissances issues des différents milieux, mettant ainsi en valeur tant la recherche que les pratiques informées par celles-ci.
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