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Noémia Ruberto : UQO - Université du Québec en Outaouais
La maîtrise de l’orthographe lexicale s'avère particulièrement complexe pour les élèves, car son apprentissage implique la prise en compte de plusieurs connaissances (Bressoux et al., 2023; Daffern, 2018). Plus précisément, en français, les élèves doivent considérer l’ensemble des principes qui régissent le code orthographique, soit les principes phonogrammique, morphogrammique et visuogrammique (Daigle et Berthiaume, 2021). Pour évaluer les connaissances des élèves en orthographe, les chercheurs ont recours à différents instruments : dictée, production de texte, tâche de jugement, entretiens, etc. (Downing et Caravolas, 2024). Or, ces instruments sont rarement utilisés en combinaison et ne rendent pas toujours compte de l’ensemble des principes régissant le code orthographique (Daffern et al., 2015; Joye et al., 2022). Dans une recherche menée auprès de 420 élèves de 2e secondaire (Ruberto et al., 2021-2025), trois instruments ont été développés et utilisés de manière complémentaire pour évaluer les connaissances des élèves en orthographe : une dictée, une production de texte et un entretien métaorthographique. L’objectif de cette communication est de présenter ces instruments, la démarche sous-jacente à leur développement ainsi que les principaux résultats obtenus à chaque épreuve. Les résultats sont discutés afin de montrer la pertinence de combiner différentes pratiques évaluatives pour planifier des interventions ciblées en orthographe adaptées aux besoins des élèves.
La maîtrise de l’orthographe demeure difficile pour bon nombre d’élèves du primaire et du secondaire. Les erreurs d’orthographe figurent, par ailleurs, parmi les plus nombreuses dans les productions des élèves (Boivin et Pinsonneault, 2018). En milieu scolaire, le temps imparti à l’enseignement-apprentissage de l’orthographe est considérable. Si l’écriture ne se réduit évidemment pas à l’orthographe, des difficultés dans ce domaine peuvent toutefois nuire à la fluidité de l’écriture et, plus largement, aux autres sphères du processus d’écriture. En effet, puisque plusieurs processus cognitifs sont impliqués dans l’acte d’écrire, certains doivent être automatisés, notamment l’orthographe, pour que le scripteur puisse se concentrer sur d’autres processus « de plus haut niveau », comme l’élaboration des idées (Hayes et Flower, 1980; Labrecque, 2011; Treiman et coll., 2019). En outre, les élèves en difficulté en orthographe se retrouvent souvent en insécurité linguistique puisque l’orthographe est hautement valorisée dans la société (Sautot, 2001). Le « bon texte » est souvent vu comme un texte dépourvu d’erreurs orthographiques. Les élèves en difficulté en orthographe, dans une vaine tentative d’éviter les erreurs, vont alors écrire des textes simples, très courts (Astolfi, 2014). Or, en écrivant peu, ces élèves ne peuvent améliorer leur compétence orthographique. Il devient donc prioritaire de les aider à développer leur performance orthographique, tant lexicale que grammaticale. Comment aider les élèves en difficulté à améliorer leur performance orthographique? Comment les évaluer de façon optimale pour guider les interventions? Ce colloque vise à créer un espace de réflexion concernant les pratiques évaluatives et remédiatives auprès des élèves en difficulté en orthographe. En abordant cette thématique, nous pourrons mieux orienter les actions présentes ou futures, en pratique comme en recherche.
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