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Faten Bouhajeb : Université de Montréal
Le trouble développemental du langage (TDL) constitue un enjeu de santé publique, rendant le dépistage précoce complexe surtout dans les langues sous-étudiées.
Notre étude vise à développer un algorithme basé sur l’intelligence artificielle pour diagnostiquer le TDL chez les enfants arabophones. Nous avons recruté un échantillon de 42 enfants arabophones (avec et sans TDL), d’âge préscolaire et parlant le dialecte tunisien.
Notre méthodologie comporte une évaluation clinique des capacités cognitives et langagières à l’aide de quatre tâches ; 1) une tâche cognitive avec Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence, 2) une tâche phonologique avec la répétition de non-mots, 3) une tâche lexicale basée sur le Cross-Linguistic Lexical Task et 4) une tâche morphologique à l’aide de Arab Verb Elicitation Task. Faute de tests standardisés en arabe tunisien, nous avons adapté des deux dernières tâches dans ce dialecte en s’appuyant sur des données recueillies auprès de 15 enfants et de 36 adultes. D’après les résultats pilotes, ces tests reflètent bien les tendances développementales des enfants.
Ensuite, des enregistrements audios du langage spontané sont réalisés en clinique et à domicile. Les données recueillies seront analysées pour identifier les marqueurs cliniques du TDL, qui seront utilisés pour entraîner des algorithmes d’apprentissage profond.
La parole est un signal physiologique utilisé par les humains pour communiquer. En plus d’être porteuse d’un message en langage naturel, la parole contient aussi de nombreuses informations sur la personne du locuteur et son état au moment où la communication a lieu. La production et la perception de la parole sont traditionnellement étudiées par des chercheurs de disciplines très diverses, dont la linguistique, l’audiologie, l’orthophonie, la didactique des langues, l’informatique et le génie, recoupant à la fois les secteurs des sciences naturelles et du génie, des sciences de la santé et des sciences humaines et sociales. Les technologies jouent un rôle important dans ces recherches, que ce soit à titre d’outil de mesure pour caractériser les signaux, à titre d’aide technique pour des patients ou des apprenants, ou encore dans un contexte d’automatisation de transactions.
Malgré les succès scientifiques et commerciaux de ces technologies et la diversité des points de vue dans les différentes communautés de recherche entourant les sciences de la parole, des défis importants demeurent en matière d’équité, de diversité et d’inclusion dans ce secteur. Par exemple, les engins de synthèse de la parole n’existent pas dans toutes les langues. Les outils de reconnaissance vocale automatisée ne fonctionnent pas bien avec toutes les populations de locuteurs. Les expériences réalisées à l’aide d’outils de mesure sophistiqués ont souvent lieu dans un contexte de laboratoire fortement contrôlé qui exclut des participants issus de certaines minorités. Certaines technologies ne sont pas adaptées à des situations de handicap.
Dans ce colloque, nous mettons en valeur des perspectives multisectorielles sur l’utilisation et le développement des technologies au service des sciences de la parole, les enjeux que ces derniers soulèvent en matière d’inclusivité et les solutions (technologiques ou non) à ces enjeux.
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