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Geneviève Baran : Université de Montréal
Certains élèves du milieu scolaire québécois éprouvent de grandes difficultés en écriture, notamment en orthographe grammaticale. L’accord du verbe est particulièrement problématique pour les élèves en raison des nombreux phénomènes syntaxiques et morphologiques à considérer (Daigle et Berthiaume, 2021 ; David et Rinck, 2021). La nature du sujet, sa distance avec le verbe et la présence de mots-écrans sont des phénomènes syntaxiques que le scripteur doit considérer pour orthographier le verbe (Monneret et Poli, 2020). De plus, le temps, le mode, la personne et le nombre sont des phénomènes morphologiques à prendre en compte (Riegel et al., 2018). Peu d’études décrivent les capacités orthographiques en lien avec l’accord du verbe en considérant l’ensemble de ces variables simultanément pour un même niveau scolaire. La présente étude documente donc les performances d’élèves de la 2e année du primaire quant à l’accord du verbe en contexte de production écrite. Les résultats saillants permettent de préciser, au niveau syntaxique, que la présence d’un pronom distracteur complique l’accord verbal. Morphologiquement, les verbes au présent et à l’imparfait ainsi que ceux de l’indicatif sont mieux réussis. L’accord du verbe au pluriel s’avère plus complexe pour les élèves que celui au singulier. Ces résultats sont discutés de manière à souligner l’importance de considérer les variables syntaxiques et morphologiques dans l’analyse des performances des élèves en lien avec le verbe.
La maîtrise de l’orthographe demeure difficile pour bon nombre d’élèves du primaire et du secondaire. Les erreurs d’orthographe figurent, par ailleurs, parmi les plus nombreuses dans les productions des élèves (Boivin et Pinsonneault, 2018). En milieu scolaire, le temps imparti à l’enseignement-apprentissage de l’orthographe est considérable. Si l’écriture ne se réduit évidemment pas à l’orthographe, des difficultés dans ce domaine peuvent toutefois nuire à la fluidité de l’écriture et, plus largement, aux autres sphères du processus d’écriture. En effet, puisque plusieurs processus cognitifs sont impliqués dans l’acte d’écrire, certains doivent être automatisés, notamment l’orthographe, pour que le scripteur puisse se concentrer sur d’autres processus « de plus haut niveau », comme l’élaboration des idées (Hayes et Flower, 1980; Labrecque, 2011; Treiman et coll., 2019). En outre, les élèves en difficulté en orthographe se retrouvent souvent en insécurité linguistique puisque l’orthographe est hautement valorisée dans la société (Sautot, 2001). Le « bon texte » est souvent vu comme un texte dépourvu d’erreurs orthographiques. Les élèves en difficulté en orthographe, dans une vaine tentative d’éviter les erreurs, vont alors écrire des textes simples, très courts (Astolfi, 2014). Or, en écrivant peu, ces élèves ne peuvent améliorer leur compétence orthographique. Il devient donc prioritaire de les aider à développer leur performance orthographique, tant lexicale que grammaticale. Comment aider les élèves en difficulté à améliorer leur performance orthographique? Comment les évaluer de façon optimale pour guider les interventions? Ce colloque vise à créer un espace de réflexion concernant les pratiques évaluatives et remédiatives auprès des élèves en difficulté en orthographe. En abordant cette thématique, nous pourrons mieux orienter les actions présentes ou futures, en pratique comme en recherche.
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