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Jeannine-Marie St-Jacques : Université Concordia
Le bassin versant de la rivière des Outaouais (BVRO) a subi de graves inondations en 1974, 1976, 2017 et 2019. La gestion des inondations dans le BVRO pourrait être améliorée grâce à des données à long terme des inondations de la rivière des Outaouais. Malheureusement, les relevés instrumentaux des inondations du BVRO sont rares et très courts. Cependant, en prélevant des carottes de sédiments des méandres abandonnés, en les datant et en extrayant les signatures géochimiques des paléo-inondations, nous pouvons établir un relevé des inondations passées. Ici, nous utilisons la fluorescence X des carottes de sédiments des méandres abandonnés pour déduire les inondations du cours principal de la rivière des Outaouais à Waltham (Québec) et de l'affluent de la rivière des Outaouais, la rivière Rouge, à L'Ascension (Québec) dans le dernier millénaire. Nos résultats préliminaires démontrent que la période chaude médiévale (800-1200 apr. J.-C.) a connu des crues plus importantes que le petit âge glaciaire (1300-1800 apr. J.-C.). Les crues des rivières des Outaouais et Rouge ont également connu un cycle centenaire assez régulier au cours des 800 dernières années. Les effets des coupes à blanc dans le BVRO au cours des années 1800 ont déclenché une érosion massive. Dans la vallée de la rivière Rouge, nous avons également trouvé une signature importante de dépôt de métaux lourds au 20e siècle que nous attribuons provisoirement à la fusion à Rouyn-Noranda, à 350 km en amont du vent.
Améliorer la prévision?
L’année 2023 a été celle des records. Des températures d’abord : 2023 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde avec 1,45 degré au-dessus de la moyenne pour la période préindustrielle 1850-1900 (WMO, 2024). Au Canada, 2023 a été l’année la plus chaude depuis 1950.
Des incendies ensuite : cette année a également battu le record des superficies brûlées, soit 6 fois plus que la moyenne annuelle canadienne. Au Québec, la SOPFEU estime à plus de 4,3 millions d’hectares brûlés pour la même année.
Pourtant, le Canada est un précurseur dans la prévision du risque d’incendies de forêt avec l’indice forêt-météo, de Ressources naturelles Canada, qui évalue le risque d’incendie sur une base quotidienne. Le calcul du risque est renforcé par une couverture satellite des points chauds à travers le pays, avec à la clé une cartographie du risque. L’indice prend en compte divers paramètres météorologiques dans le calcul. Benoît et al. (2024) ont identifié un nouveau paramètre : les blocages atmosphériques, une situation météorologique responsable des épisodes de sécheresse, notamment, et favorable au départ de feu de forêt. Faut-il considérer désormais ce paramètre dans la prévision des incendies de forêt? Le Canada est un pays de forêts, et la forêt est à la fois victime des incendies et vecteur, car elle fournit elle-même le carburant (combustible). Les causes des incendies sont pour plus de 99 % d’origine naturelle (foudre) au Canada en 2023. Les défis demeurent énormes sur les plans de la prévision, de la prévention et de l’adaptation à ces risques, et les recherches doivent mettre l’accent sur ces aspects.
Les recherches devraient se poursuivre aussi sur d’autres risques, plus récurrents. La cartographie des zones inondables, par exemple, est à parfaire et les modèles de prévision sur les périodes de retour des crues extrêmes à améliorer.
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