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Miser sur la confiance pour soutenir le retour au travail: état de la littérature et avenues à explorer

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Hermann Brice Tegninko Tamokoue : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Problématique. La confiance serait une clé pour faciliter le retour au travail à la suite d’une incapacité (RaT) (1–3). Concept dont les composantes sont largement documentées dans les sciences sociales et de gestion (4–7), ces dernières restent à être adapter au contexte du RaT (8). Cette revue de la portée vise à identifier les composantes de la confiance lors du RaT.

Méthode. En s’appuyant sur des principes méthodologiques reconnus (9,10), six bases de données sont retenues pour sélectionner les études qui traitent de la confiance et du RaT. La sélection et l’analyse ont été menés par deux examinateurs, à l’aide de Covidence. Une analyse thématique déductive laissant place à l’induction (11) sert à regrouper les composantes de la confiance, soit antécédents, attributs et conséquences de la confiance, dans un tableau.

Résultats. Sur 2795 références, 30 articles ont été sélectionnés, 73 % publiés dans les 10 dernières années. En somme, les composantes sont toutes documentées, principalement dans la relation travailleur - autres parties prenantes (PP). Des caractéristiques d’antécédents reconnus (intégrité, propension à faire confiance, facteurs contextuels) et un attribut (volonté d’agir) restent à documenter. Des conséquences émergeantes sont également documentées.

Conclusion et lien avec le colloque. Les composantes documentées pourront aider à cibler des leviers d’actions efficaces pour améliorer la confiance entre les PP et leur coopération en contexte de RaT.

Résumé du colloque

Depuis la publication du rapport Brundtland en 1987, le discours autour du développement durable a connu une diffusion et une influence sans précédent grâce à sa grande plasticité conceptuelle. Dès 1995, des chercheurs recensaient déjà plus de 70 définitions concurrentes de la notion (Kirby et al., 1995), tout à la fois paradigme et concept multidimensionnel, cadre de référence consensuel et… slogan à la mode (Schojan et al., 2023).

Le développement durable constitue donc à son degré zéro un discours puissant. De 2003 à 2023, le nombre d’articles scientifiques qui incluent le mot-clé « sustainable development » a connu une augmentation cumulative de 1300 % (Scopus, 2024). De la même manière, le nombre d’entreprises de l’indice S&P 500 ayant publié un rapport de développement durable approchait le 100 % en 2022 (GA Institute, 2022), une augmentation de 25 % en 10 ans. Il n’est donc pas imprudent de dire que le discours sur le développement durable a marqué les esprits dans les sphères politico-institutionnelle, scientifique et économique. A-t-il cependant sensiblement modifié les pratiques?

À ce sujet, le Global Sustainable Development Report 2023 publié par l’ONU est sans appel : le monde est sur la mauvaise voie (off track), avec des progrès notables dans seulement 2 des 17 objectifs de développement durable (ODD) et, pis encore, une détérioration de la trajectoire pour la grande majorité d’entre eux. Pourquoi cet échec du développement durable? Les raisons sont multiples et documentées, mais force est de constater que l’analyse critique des pratiques des acteurs organisationnels a jusqu’ici largement fait défaut (Bansal et Song, 2017).

L’une des avenues de recherche prometteuses émane de l’appel lancé par l’ONU en faveur des Principes pour l’éducation à la gestion responsable (PRME). Les principes incorporent un appel à intensifier la recherche afin de mieux comprendre « le rôle, la dynamique et l’impact des entreprises dans la création de valeur sociale, économique et environnementale durable ». L’intérêt majeur de ce champ de recherche en émergence réside dans le déplacement du point focal de l’analyse : déplacement de la sphère du discours vers la sphère des pratiques organisationnelles concrètes, de la justification (« pourquoi? ») à l’action (« comment? »), bref le passage de la parole aux actes.

Ce colloque vise à capitaliser sur les nouvelles avenues de recherche ouvertes par cette approche avec l’objectif d’offrir des perspectives de recherche croisées sur les pratiques de gestion responsable. En ce sens, le colloque s’inscrit en réponse à l’appel à l’action et à la mobilisation des sciences de la gestion pour répondre aux grands défis de société (grand challenges) lancé par le comité éditorial de l’Academy of Management Journal (George et al., 2016).

Contexte

section icon Date : 7 mai 2025

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