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Marjorie Cuerrier : Université de Montréal
Amener les apprenant·es du primaire à énoncer et à fixer leurs pensées sous forme écrite constitue l’un des objectifs prioritaires des établissements d’enseignement et pour cause, puisque la maitrise de la langue écrite n’a jamais été aussi requise qu’aujourd’hui avec la généralisation des technologies numériques. Dans cette perspective, la mobilisation d’objets didactiques, de pratiques et de dispositifs d’enseignement probants, efficaces et qui répondent aux besoins diversifiés des scripteur·rices est au cœur des préoccupations partagées par le milieu pratique et scientifique. Notre communication vise à présenter un programme d’entrainement inédit développé lors d’une recherche-développement et à décrire les pratiques et les dispositifs d’enseignement de l’écriture qui y sont mis en œuvre en vue de soutenir l’acquisition des compétences scripturales d’apprenant·es en difficulté au 1er cycle du primaire. Certains résultats relatifs à l’influence de cet objet sur les performances orthographiques des scripteur·rices participant·es sont également traités, tout comme le lien explicite unissant les habiletés graphomotrices et orthographiques lors de la production écrite.
La maîtrise de l’orthographe demeure difficile pour bon nombre d’élèves du primaire et du secondaire. Les erreurs d’orthographe figurent, par ailleurs, parmi les plus nombreuses dans les productions des élèves (Boivin et Pinsonneault, 2018). En milieu scolaire, le temps imparti à l’enseignement-apprentissage de l’orthographe est considérable. Si l’écriture ne se réduit évidemment pas à l’orthographe, des difficultés dans ce domaine peuvent toutefois nuire à la fluidité de l’écriture et, plus largement, aux autres sphères du processus d’écriture. En effet, puisque plusieurs processus cognitifs sont impliqués dans l’acte d’écrire, certains doivent être automatisés, notamment l’orthographe, pour que le scripteur puisse se concentrer sur d’autres processus « de plus haut niveau », comme l’élaboration des idées (Hayes et Flower, 1980; Labrecque, 2011; Treiman et coll., 2019). En outre, les élèves en difficulté en orthographe se retrouvent souvent en insécurité linguistique puisque l’orthographe est hautement valorisée dans la société (Sautot, 2001). Le « bon texte » est souvent vu comme un texte dépourvu d’erreurs orthographiques. Les élèves en difficulté en orthographe, dans une vaine tentative d’éviter les erreurs, vont alors écrire des textes simples, très courts (Astolfi, 2014). Or, en écrivant peu, ces élèves ne peuvent améliorer leur compétence orthographique. Il devient donc prioritaire de les aider à développer leur performance orthographique, tant lexicale que grammaticale. Comment aider les élèves en difficulté à améliorer leur performance orthographique? Comment les évaluer de façon optimale pour guider les interventions? Ce colloque vise à créer un espace de réflexion concernant les pratiques évaluatives et remédiatives auprès des élèves en difficulté en orthographe. En abordant cette thématique, nous pourrons mieux orienter les actions présentes ou futures, en pratique comme en recherche.
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